Hé ! donn' moi ta bouche, hé ! Ma jolie fraise !

L'aube a mis des frais's plein notre horizon.

Garde tes dindons, moi mes porcs, Thérèse.

Ne r'pouss' pas du pied mes p'tits cochons.

Va, comme hier ! Comme hier ! Comme hier !

Si tu ne m'aimes point, c'est moi qui t'aim'rons.

L'un tient le couteau, l'autre la cuiller :

La vie, c'est toujours les mêmes chansons.

Pour sauter l' gros sourceau de pierre en pierre,

Comme tous les jours mes bras t'enlèv'ront.

Nos dindes, nos truies nous suivront légères.

Ne r'pouss' pas du pied mes p'tits cochons.

Va, comme hier ! Comme hier ! Comme hier !

Si tu ne m'aimes point, c'est moi qui t'aim’rons.

La vie, c'est toujours amour et misère.

La vie, c'est toujours les mêmes chansons.

J'ai tant de respect pour ton cœur, Thérèse.

Et pour tes dindons, quand nous nous aimons.

Quand nous nous fâchons, hé ! Ma jolie fraise,

Ne r'pouss' pas du pied mes p'tits cochons.

Va, comme hier ! Comme hier ! Comme hier !

Si tu ne m'aimes point, c'est moi qui t'aim'rons.

L'un tient le couteau, l'autre la cuiller :

La vie, c'est toujours la même chanson.

Paul Fort

Mis en musique et chanté par Georges Brassens