Ce texte date des années trente, heureusement avec le progrès et les soins que nous apportent nos hommes politiques, ce genre de situation n’existe plus aujourd’hui. Quelle chance nous avons !

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Le ciel est bas morne, insipide

Et rien ne brille au firmament

Sur le boulevard d'un pas rapide

Les gens passent indifférents

Et moi, je vais la tête vide

Tremblant de froid

Les membres lourds

Courbant le dos, le ventre livide

Et mon cœur frappe

A grands coups sourds.

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J'suis dans la déche

Je n'en peux plus

J'voudrais dormir

J'ai même plus de crèche

J'ai cœur tout vide

Les mains toutes rêches

J'suis dans la déche

Je n'en peux plus

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J'ose pas rester dans la lumière

Les gans me r'gardent d'un air curieux

Et dans le brouillard, les réverbères

Rigolent de tous leurs petits yeux

Faut l'habitude de la mistoufle

Ca prend pas comme ça,

D'un coup

J'ai peur du bruit, du vent qui souffle

J'ai peur des hommes

J'ai peur de tout

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J'suis dans la déche

Je n'en peux plus

J'voudrais dormir

J'ai même plus de crèche

J'ai cœur tout vide

Les mains toutes rêches

J'suis dans la déche

Je n'en peux plus

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J'm'arrête un peu, les jambes lourdes

Un homme approche,

Comme il fait noir

J'ose tendre la main

AH, que je suis gourde

Il m' prend pour une fille de trottoir

Et dans la nuit je pars maudite

Sans savoir où mènent mes pas

La rage au cœur, je vais plus vite

Tiens l'eau qui coule en bas

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Elle clapote

Tout doux, tout doux

Ça cogne là dans ma pôvre caboche

Hop !

Dans la flotte !

Qu'est-ce que ça fout !

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Cette chanson était chantée par Damia

Pierre Delphin – mars 2010