jeudi 27 mai 2010

Les philosophes

- Dis maman, c’est quoi la philosophie ?

- La philosophie, c’est ce à quoi on pense quand on a fini les travaux ménagers.

- C’est pour ça que les philosophes sont des hommes ?

- Sans doute, passe-moi la serpillière.

- Et les philosophes, ça sert à quoi ?

- À inventer des citations pour ceux qui ne savent pas quoi écrire.

- Et il y a des philosophes qui font le ménage ?

- Oh, seulement dans leur tête, et c’est rare !

© Pierre Delphin – mai 2010

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samedi 1 mai 2010

La dernière goutte

Dans un bar, le barman est réputé avoir une poigne terrible.

À tel point qu'un concours permanent est ouvert dont le prix est quand même de 1000 euros.

Le barman presse dans sa main un citron en faisant couler le jus dans un verre.

Si quelqu'un est capable de faire donner une goutte de plus au citron après le barman, alors il gagne les 1000 euros !

Tout le monde, des gros bras (les forts des halles,les dockers et autres haltérophiles) se sont essayés à ce petit jeu, mais personne n'a encore gagné.

Un beau jour, un petit bonhomme, tout mince, tout fragile, avec des lunettes aux verres épais se présente au barman et lui dit :

- J'aimerai tenter ma chance au concours !

Après que les rires se soient tus, le barman accepte. Il attrape un citron et le presse complètement. Ensuite, il tend les restes du citron au petit bonhomme.

La foule qui regarde la scène pousse un ho ! d'étonnement lorsqu'elle voit une puis deux puis trois puis... six gouttes tomber du citron pourtant sec !!!

- Et qu'est-ce que vous faites comme métier ? Bûcheron ou quelque chose comme ça ? Et le petit bonhomme répond :

- Non, non...

Je travaille aux impôts

Pierre delphin – avril 2010

Posté par PierreDelphin à 07:09 - - Commentaires [5] - Rétroliens [0]
samedi 27 mars 2010

Main baladeuse

Attention texte érotique, âmes trop sensibles passez votre chemin…

La journée a été chaude. Monique a juste passé une courte chemise pour la nuit. Quand le jour s’efface, dans l’exhalaison des fleurs du jardin, elle somnole déjà, un drap de coton fleuri légèrement tiré jusqu’aux épaules.

Dans le premier sommeil qui l’emporte, elle perçoit François, son François s’allonger doucement à ses cotés. Elle ne bouge pas. Plusieurs fois il se tourne, se retourne, cherche sa place. Elle garde sa respiration lente et calme alors qu’elle reçoit sur la nuque le souffle mâle, fort et rythmé.

Elle voudrait dormir, mais comme une plume elle sent une main qui effleure les boucles de ses cheveux. Passe, repasse, s’envole pour se poser sur le bord de l’épaule, cherche refuge sur le creux de l’oreiller. Comme suivant un parcours initiatique la main reprend son chemin se pose contre sa poitrine ébauche une caresse douce et furtive contre son sein. Émue, Monique reste figée, attend. Mais son corps réagit et précède sa volonté. La pointe effleurée vite se durcit, en attente.

Mais la main ne s’attarde pas sur la pointe érigée, elle glisse le long de son ventre, poursuit son chemin touche, frôle le bas de la chemise sans se poser complètement. Elle poursuit sa danse incertaine dans l’esquisse d’un pas troublant. Monique sent ce frémissement diffus qui l’envahie, comme un prélude au plaisir qu’elle attend. Elle aime être conquise, désirée. Elle ne bouge pas, seul son léger souffle saccadé trahit son émotion.

Elle sait que François aime découvrir, redécouvrir chaque courbe de son corps, chaque parcelle de sa peau satinée douce comme une pêche de plein été. Elle l’aime, elle le laisse faire, elle se laisse faire. Poursuivant sa course, la main frôle la cuisse frémissante, passe le creux du genou et remonte lentement.

Quand l’incursion de la main fait une pose contre sa fesse rebondie, elle s’enflamme, se tourne doucement vers son amant, un sourire complice illumine ses yeux. Elle tend la main vers son visage effleure sa joue et murmure :

- Oh mon chéri que fais-tu ?

- Excuse-moi mon amour de t’avoir réveillée, je cherche la télécommande de la télé… Dors bien ma chérie.

© Pierre Delphin – mars 2010

Posté par PierreDelphin à 18:37 - - Commentaires [15] - Rétroliens [0]
samedi 20 mars 2010

Les vieux

Les vieux, ils passent leur vie au ralenti

Pour la finir aux urgences

C’est pas normal

Pierre Delphin – mars 2010

Posté par PierreDelphin à 14:39 - - Commentaires [6] - Rétroliens [0]
mercredi 20 janvier 2010

On m’a dit que…

Ceci est le sixième opus de cette année d’atelier d’écriture (*). La consigne était : Le texte doit contenir et utiliser la phrase : « Vous n’allez pas me croire, on m’a dit que… »

Il reste encore un peu de fraîcheur dans l’air, mais tous deux sont au chaud dans la terrasse couverte du café des trois canards. La matinée n’est encore pas trop avancée, mais Paul et Jean ont commandé un pot de mâconnais que le patron a servi avec une petite coupe de grattons. Ils bavardent des dernières dispositions du gouvernement pour diminuer le chômage quand il aperçoivent Antoine arrivant de son pas toujours pressé au coin de la rue. Jean lui fait un grand signe et Antoine pousse la porte visiblement ravi de retrouver ses copains retraités.

- Alors Antoine, comment ça va ?

- Oh moi ça va, mais ce matin en allant au pain, vous n’allez pas me croire, on m’a dit que le maire de Lyon abandonne le projet de grand stade à Décines.

- Ah bon !

- On m’a dit qu’il a expliqué hier qu’il était immoral de faire une telle dépense alors qu’il y a tant de pauvres dans notre ville. Il a dit que le problème est que le terrain est beaucoup trop cher là où ils voulaient le faire. Comme d’habitude, c’était les promoteurs qui allaient s’en mettre plein les poches.

- Ah bon !

Ouais, on m’a dit que le maire a dit : - Non aux spéculateurs ! Et moi je trouve que ça c’était bien dit ! Vous vous rendez compte une telle dépense pour une poignée de vieux gamins qui courent après un ballon.

- Alors plus de stade ?

- Mais si, on m’a dit que ce ne serait pas là où il était prévu. Vous pensez bien qu’il ne peut pas tout abandonner. Sinon sa réélection… couic ! Dans la politique c’est bien connu si on fait pas quelque chose, on fait autre chose en disant que c’est mieux.

- Alors quoi ?

- Ben, on m’a dit qu’il a eu une idée que je ne trouve pas bête. Il veut faire le stade à la place du grand large.

- À la place du grand Large ?

- Oui, là bas c’est du terrain public, donc pas de terrain à acheter. C’est pas bête comme idée !

- Le coin est peut-être un peu humide ?

- Évidemment, mais on m’a dit que la Maire y a pensé. Il a dit que chaque fois qu’il y aurait des matériaux à mettre en remblais, on les mettrait dans le grand large. Les gens ou les sociétés paieront pour cela et ça fera rentrer de l’argent pour payer le stade. Quand le grand large sera plein, on tassera tous les matériaux et on pourra bétonner pour faire une grande dalle sur laquelle on construira le stade.

- C’est écologique ça ?

Là on m’a dit qu’on s’en fout un peu. C’est une zone pour faire du sport, pas pour les écolos. Pour les écolos, on plantera des massifs dans des bacs tout autour. Ça fera joli et tout le monde sera content. D’ailleurs, le Maire il a dit que pour l’écologie, les soirs de match, il y aurait des bateaux-navettes pour emmener les gens du centre ville au nouveau stade.

- Ça va être plus économique ?

- Ben tiens, c’est sûr ! Les remblais c’est gratos et même ça rapporte de l’argent. Et puis on m’a dit que les dessous des tribunes seraient aménagés en appartements. Coté sud des appartements de grand standing qui auraient une adresse prestigieuse. Ça va faire rentrer du pognon à la pelle.

- Et coté nord ?

- On m’a dit que là ils feront des appartements plus petits mais confortables pour abriter les familles sans logement. Les SDF quoi ! Ben oui, c’est quand même de la bonne idée ça. D’un coté on fait venir l’argent, de l’autre on fait du social. C’est un bon équilibre, et tous les électeurs sont contents.

- Et les footballeurs ?

- On m’a dit qu’ils en pensent que du bien. Ils ont été interviewés et ils trouvaient chouette de pouvoir faire de l’aviron sur le canal de Jonage comme entraînement. L’aviron ça développe la force des bras, c’est important si des fois il faut pousser un peu le ballon pour le faire rentrer dans la cage.

- Et l’opposition ?

- On m’a dit qu’ils ont été tellement stupéfaits de la nouvelle, qu’ils n’avaient pas su quoi dire. Faut dire qu’on ne peut pas trop trouver à redire à ce qu’a dit le Maire.

- Qui t’a dit tout ça ?

- La boulangère, mais c’est son neveu qui lui a dit. Tu parles, il est au courant de tout ce qui se dit : Il est journaliste chez HCL (hebdo Charlie Lyon). Alors c’est qu’il est au courant d’une source sûre.

© Pierre Delphin – janvier 2010

(*) Atelier d’écriture UTA Lyon dirigé par Jean Marc TALPIN

http://ecriture.uta-lyon.fr/talpin/index.htm

NOTA : Dans la banlieue de Lyon le grand large est une vaste étendue d’eau (150 Ha) en bordure du canal de Jonage qui est un des bras du Rhône à l’amont de Lyon.

Posté par PierreDelphin à 15:20 - - Commentaires [6] - Rétroliens [0]


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