mardi 21 novembre 2017

Le choc

  C’est le choc sur ma tête dans le pare-brise qui m’a réveillé. Douleur profonde, lancinante. Puis le choc de mon épaule, de mes hanches sur le trottoir qui m’a meurtri. Je suis resté là, au seuil de la conscience. Temps incertain, long, silence. Je n’entends plus l bruit de la voiture qui a foncé sur moi. Elle a filé en me laissant là, blessé, cassé. Personne, silence. La douleur se fait multiple, plurielle, enveloppante, enivrante. Oui, je suis ivre de douleur. Ma tête, oh ma tête en ébullition, prête à exploser. Pas une... [Lire la suite]
Posté par PierreDelphin à 16:58 - - Commentaires [2] - Permalien [#]

samedi 29 décembre 2012

Éloge de la fatigue

    Vous me dites, Monsieur, que j’ai mauvaise mine   Qu’avec cette vie que je mène je me ruine Que l’on ne gagne rien à trop se prodiguer. Vous me dites enfin que je suis fatigué Oui je suis fatigué, Monsieur, mais je m’en flatte J’ai tout de fatigué, le cœur, la voix, la rate Je m’endors épuisé je me réveille las Mais grâce à Dieu, Monsieur, je ne m’en soucie pas Et quand je m’en soucie, je me ridiculise La fatigue souvent n’est qu’une vantardise On n’est jamais aussi fatigué qu’on le croit Et quand cela... [Lire la suite]
Posté par PierreDelphin à 09:57 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
samedi 25 août 2012

Indifférence et ingérence

  L’un Toi mon ami, je vois bien que tu es en souci. Je vois bien que tu es triste. Je vois bien que tu souffres. Je voudrais pouvoir t’aider. L’autre M’aider ? Mais, personne ne peut m’aider. S’il te plait, parlons d’autre chose. L’un Parler d’autre chose ! Mais comment puis-je accepter d’être impassible ? Comment puis-je rester dans l’indifférence et le silence avec un ami ? L’autre Et alors ! Mes soucis, mes tristesses ne sont pas les tiennes. Alors laisse-moi avec ce qui m’appartient. L’un ... [Lire la suite]
Posté par PierreDelphin à 10:46 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
jeudi 26 avril 2012

Les roses fleurissent aussi en automne

     Lundi matin Dans un petit bistrot, « L’Estaminet », rue du Dauphin à Lyon. Tables de marbre blanc, simples. Émile le barman va d’un client à l’autre, attentif. La radio, en sourdine, diffuse des chansonnettes anciennes. Yves Duteil chante « Mélancolie » Lui Sur le coin de sa table usée par le temps, son double café fume. Il rêve en écrivant quelques mots sur son carnet en moleskine noire. Un début de poème flotte sous sa plume : - Quand dans mes bras tu viens - Là contre moi blottie,... [Lire la suite]
Posté par PierreDelphin à 19:47 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
vendredi 23 mars 2012

Non rencontre

  La lumière est douce ce matin sur l’allée de la gare. Un rai de lumière se faufile entre deux nuages gris pour venir se poser sur les feuilles des platanes. Le vert du feuillage s’est dissipé dans les brumes de l’automne pour faire place à une furtive couleur de bronze doré qui brille ce matin comme un adieu au bel été. Antoine aime ce moment du jour où la vie se renouvelle. Sa respiration est forte comme pour mettre en réserve cet oxygène frais du matin. Il est heureux. Heureux de partir à la ville retrouver son groupe... [Lire la suite]
Posté par PierreDelphin à 08:01 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
vendredi 6 janvier 2012

Rencontre

   La lumière est douce ce matin sur l’allée de la gare. Un rai de lumière se faufile entre deux nuages gris pour venir se poser sur les feuilles des platanes. Le vert du feuillage s’est dissipé dans les brumes de l’automne pour faire place à une furtive couleur de bronze doré qui brille ce matin comme un adieu au bel été. Antoine aime ce moment du jour où la vie se renouvelle. Sa respiration est forte comme pour mettre en réserve cet oxygène frais du matin. Il est heureux. Heureux de partir à la ville retrouver son groupe... [Lire la suite]
Posté par PierreDelphin à 04:50 - - Commentaires [9] - Permalien [#]

vendredi 23 septembre 2011

Grignote et les noisettes

  En cette fin d'été, le soleil est encore chaud, mais un petit air venu du nord rafraîchit le pelage de Grignote. Grignote, c'est un bel écureuil. Son pelage est brun foncé sur son dos, un peu plus clair sur son ventre. Il a, comme tous les écureuils, une belle queue en panache et des petits yeux tout ronds sous ses oreilles pointues. Il est bien sur sa branche, il regarde le jardinet où Pépé Pierre est en train de ramasser des pommes de terre avec son petit-fils. - Allez Mathieu, mets les pommes de terre dans le panier !... [Lire la suite]
Posté par PierreDelphin à 15:14 - - Commentaires [5] - Permalien [#]
dimanche 3 avril 2011

Les saisons du retour

  Un jour de printemps tu vins à ma rencontre. Notre petit amour était là, chaud et prospère. Il me demandait que peu, du soleil et des fleurs. Dans l’air du matin il chantait à tue-tête que tu étais belle et que j’étais beau. Nous dansions dans les prés et le vin était bon. Tant de rêves ébauchés qu’avec ardeur nous construisions, pour voir la vie en bleu et tricoter en rose. Tes yeux pétillaient quand tu me regardais. Mon cœur s’emballait quand mon regard plongeait dans le tien. Un jour, un mauvais jour, un vent froid est... [Lire la suite]
Posté par PierreDelphin à 06:26 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
vendredi 11 mars 2011

Conte pour une femme seule

      Tous les matins elle passe dans ce bistrot pour prendre un café. Plus qu’une habitude, un rite. Il est toujours 8h30 précises lorsqu’elle pousse la porte, souriante en disant clairement : - Bonjour Claude ! Elle l’aime l’entendre répondre : - Bonjour Mademoiselle Élisabeth, comment allez-vous ce matin ? Phrase banale, attendue, indispensable. Invariablement elle répond : - Bien, tout va bien ! Là encore, le rituel de la réponse fait écho au rituel de la question. Bien, tout... [Lire la suite]
Posté par PierreDelphin à 00:05 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
mercredi 2 février 2011

Les patineurs

Encrés dans l’eau grise d’une flaque, les roues des patins dessinent sur les dalles blanches de la place des arabesques vertigineuses. Le chaud soleil de l’été indien les efface en les vaporisant, avant que d’autres adolescents viennent en tracer d’autres plus folles encore. Assis à la terrasse du bar de la Coupole, comme tous les après-midi, Alexandre boit un panaché bien frais. La mousse lui dessine une moustache blanche. D’un revers de manche il chasse l’impertinente. Chaque jour, il sourit et applaudit les exploits en... [Lire la suite]
Posté par PierreDelphin à 22:07 - - Commentaires [0] - Permalien [#]