vendredi 6 novembre 2009

Parler du verbe aimer avec Marie

- Marie, Marie, où as-tu mis le verbe aimer ?

- Oh, excuse-moi, j’ai oublié de le remettre dans le dictionnaire, je l’ai laissé dans mon nom.

- Remarque, il est bien dans ton nom, c’est aussi une place naturelle.

- Mais au fait pourquoi en as-tu besoin ?

- Je te l’ai dis ce matin, je vais faire un tour au marché.

- Et tu as besoin du verbe aimer avec toi pour faire le marché ?

- Évidement ! Comment veux-tu que je choisisse des légumes et des fruits sans lui. Ce que je vais choisir, je vais en regarder la forme, la couleur. Je vais le toucher pour savoir si cela me semble frais. Je vais le sentir pour déjà percevoir l’odeur qui explosera quand tout ça sera dans la cuisine. Ce que j’achète, ce n’est pas que de la nécessité, c’est de l’amour. L’amour des bonnes choses. Il faut acheter avec sa tête et avec son cœur, pour le plaisir que je vais avoir en le dégustant, pour le plaisir de le cuisiner pour toi en imaginant le plaisir que tu auras en le dégustant à ton tour. La cuisine, c’est le plaisir de faire plaisir.

- Je ne sais pas encore ce que je vais manger, mais j’en ai déjà l’eau à la bouche ! Mon amour, tu es le meilleur spécialiste du verbe aimer que je connaisse.

- C’est pour cela qu’il faut un verbe aimer bien fort pour faire son marché. La cuisine ce n’est pas seulement se nourrir, c’est un acte d’amour.

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°o°

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- Marie, Marie, tu viens te promener ?

-Oui, volontiers, je t’accompagne. Le temps de mettre mes chaussures de marche et mon pull.

- Oh ! Tu es très belle comme cela, très élégante. As-tu pris le verbe aimer avec toi ?

- Mais tu sais bien qu’une Marie a toujours le verbe aimer avec elle ! Est-ce vraiment utile pour une promenade ?

- Absolument, indispensable. Comment pourrions nous être dans la nature sans le verbe aimer ? Tiens regarde tous ces petits nuages blancs qui picorent dans le ciel. Ce bleu est magnifique, immense. Là, on dirait des petites poules qui se régalent de beauté. Regarde, le coq est caché sur la colline, derrière les sapins.

- Tu as raison, sans le verbe aimer nous ne pouvons pas apprécier toute cette beauté. Là ce sous-bois, est-ce que sans le verbe aimer sur ton épaule tu serais capable de voir ces rais de lumière dans leur diversité de teintes et de luminosité comme une harpe illuminée par un arc en ciel ?

- Regarde le ruisselet comme il est beau. Si je laisse le verbe aimer au fond de ma poche, j’entends un bruit d’eau. Maintenant je le pose sur mon oreille, viens approche toi de moi. Écoute. Il ya des murmures, il y a des clapotis, il ya des chuintements, il y a des glouglous, des claquements, des vibrations. C’est une symphonie, c’est un orchestre de lutins !

- Là haut derrière le buisson, la biche qui nous regarde passer. Elle reste là tranquille parce qu’elle sait que nous avons le verbe aimer entre nous. Sinon elle serait déjà partie très loin. Toute la nature nous dit son amour.

- J’aime bien me promener avec toi quand nous partageons entre nous le même verbe aimer. Viens donne moi la main, quand nous serons rentrés, nous ferons du feu dans la cheminée.

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°o°

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- Marie, Marie, tu viens te coucher ?

- Déjà, tu es très fatigué ?

- Non pas du tout, mais j’ai envie d’être avec toi. Dis moi, où as-tu mis le verbe aimer ?

- Je l’ai pris et je le garde sur moi bien caché.

- Montre-moi mon amour, dis-moi où il est.

- Pas question, je ne dirais rien, ni sous la torture ni sous les baisers. C’est à toi de le découvrir. Mais attention, si tu fais des gestes brusques, il va plus se cacher encore et tu ne le trouveras pas.

- Alors allonge-toi là à coté de moi, je vais commencer mes recherches. Serait-il sur tes lèvres ? Sur ta langue ? Je vais chercher avec les miennes.

- Hum que ta recherche est agréable ! Continue à chercher encore, même s’il n’est pas tout à fait là.

- Ce joli chemisier blanc ne serai pas une cachette idéale pour le verbe aimer ? Un bouton, deux boutons… Que c’est joli ! Mais je ne le vois pas encore. Peut-être derrière ce petit bout de dentelle ?

- Fais doucement, au cas où il soit là, il ne faut pas l’effrayer. Continue, oui comme cela tout en douceur. Hé là que fais-tu ? Tu le cherches avec tes lèvres ?

- Peut-être est-il caché derrière ce petit bouton rose ?

-Oui, cherche le bien, avec ta main également, comme cela il se laissera apprivoiser. Comme tu cherches bien !

- Je vais l’appeler ici dans la petite trace de ta naissance sur ton ventre.

- Je ne crois pas qu’il soit là. D’ailleurs arrête cette chatouille, vilain coquin ! Mais que fais-tu ? Pourquoi est-ce que tu dégrafe ma jupe ? Crois-tu que le verbe aimer se cache par là ?

- Un verbe aimer peut se cacher de partout, sur tout le corps d’une femme qu’on aime. Alors je continue tout doucement mes recherches. Peut-être derrière ce petit morceau de soie ?

- Allons allons, le verbe aimer ne se cache pas par là !

- Voilà, la soie est un tissu fragile qu’il faut manipuler et retirer avec soin. Le verbe aimer n’est-il pas là dans ce petit buisson ?

- Si tu continue à le chercher par là, moi je vais vérifier s’il n’est pas caché sur toi. Déshabille-toi un peu pour faciliter mes recherches. Oh ! Le caleçon avec des pompiers rouges ! Je ne l’aime pas du tout, enlève-le ! Maintenant, doucement viens contre moi. Je sens que le verbe aimer n’est pas loin.

- Oui, je le sens, il est là ! Nous l’avons trouvé ! Il est juste entre nous, ne bouge plus !

- Bouge un peu quand même, oui comme ça ! Écoute le verbe aimer ronronne.

- Chut…

°o°

© Pierre Delphin – octobre 2009

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mardi 3 novembre 2009

Droit à l'erreur

Un conférencier commence son séminaire en tenant bien haut un billet de 100 euros. Il demande aux gens :

- Qui aimerait avoir ce billet ?

Les mains commencent à se lever, alors il dit :

- Je vais donner ce billet de 100 euros à l'un d'entre vous mais avant laissez-moi faire quelque chose avec.

Il chiffonne alors le billet avec force et il demande :

- Est-ce que vous voulez toujours ce billet ?

Les mains continuent à se lever.

- Bon, d'accord, mais que se passera-t-il si je fais cela.

Il jette le billet froissé par terre et saute à pieds joints dessus, l'écrasant autant que possible et le recouvrant des salissures du plancher.

Ensuite il demande :

- Qui veut encore avoir ce billet ?

Évidemment, les mains continuent de se lever !

- Mes amis, vous venez d'apprendre une leçon... Peu importe ce que je fais avec ce billet, vous le voulez toujours parce que sa valeur n'a pas changé, il vaut toujours 100 euros. Alors pensez à vous, à votre vie. Plusieurs fois dans votre vie vous serez froissé, rejeté, souillé par les gens ou par les événements. Vous aurez l'impression que vous ne valez plus rien mais en réalité votre valeur n'aura pas changé aux yeux des gens qui vous aiment et de ceux à qui vous êtes utile !

La valeur d'une personne ne tient pas à ce qu’elle a fait ou pas fait, de ce qu’elle a réussi ou de ce qu’elle a échoué. Vous pourrez toujours recommencer et atteindre vos objectifs car votre valeur intrinsèque est toujours intacte, elle est inscrite en vous-même.

Vous avez le droit à l’erreur !

Reconnaissez aussi ce droit aux autres !

Même après l’erreur, comme vous, ils ont une valeur !

Avec son autorisation, j’ai emprunté ce texte à Clise que vous pourrez retrouver sur son Blog : « Bribes de mots »

http://clise.canalblog.com

Posté par PierreDelphin à 17:04 - - Commentaires [10] - Rétroliens [0]
vendredi 23 octobre 2009

Avez-vous lu La Cabane ?

La_cabane_001

Hélène m’avait conseillé la lecture de ce livre. J’en ai fait l’acquisition, et comme je lui avais promis de donner mon point de vue sur ce livre, voici l’analyse que j’en ai faite, à ma façon.

http://ecriredeplaisir.canalblog.com

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A propos du livre : “La Cabane” de Paul Young

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Le vent vient de se lever légèrement, contribuant à une sensation de fraîcheur bienfaisante pour cette fin de journée d’été indien. Je viens de poser mon livre sur la chaise a coté de moi. Il ne comportait pas le mot fin, mais il n’y avait plus de page à lire. En fait l’histoire aurait pu se continuer encore un peu. Je suis dans une sorte d’état de grâce que je peux avoir à la fin d’un bouquin, frustré qu’il soit déjà fini. Ceci a une valeur particulière pour moi qui ai tant posé de livres alors que j’en étais à peine à la moitié.

Je rêve à cette histoire qui m’a entrainé, ou plutôt conduit dans des réflexions très profondes alors que sa base même est en contradiction fondamentale avec ma propre vision du monde. Ces idées flottent dans ma tête qui regarde le balancement du sommet de mes arbres (j’aime utiliser ce possessif pour parler d’eux que j’ai planté il y a plus de trente ans). Mais la clochette du portillon tinte d’un joyeux ding-dong que le vent essaime dans le jardin.

En regardant dans cette direction, je vois un bras qui me fait signe, un sourire ouvert comme une fleur au soleil. C’est Lucille. Mon amie Lucille. Avec elle, nous ne cherchons plus à compter le temps depuis lequel nous sommes amis. Nous sommes amis, c’est tout. Nous connaissons nos joies et nos peines réciproques. Peu de choses restent secrètes entre nous.

(L) - Bonjour Pierre, je peux entrer ?

Elle a déjà fait cinq mètres dans le jardin quand elle pose cette question dont elle n’attend évidement pas de réponse.

(L) - Tu n’aurais pas un verre d’eau fraîche à m’offrir ?

(P) - Pas de problèmes, mais quand tu m’auras fait la bise !

Nous rions en nous embrassant. En buvant une première gorgée d’eau, elle regarde le bouquin posé sur la table.

(L) - La Cabane de Paul Young ! Alors tu l’as fini ? Tu m’as promis de me donner ton avis en fin de lecture.

(P) - Je viens juste de le poser, il y a moins de cinq minutes, je lisais encore la genèse du récit. Comme d’habitude, quand tu me conseilles un livre, c’est plein centre de la cible. Tu me connais tellement que tu sais a l’avance comment je vais réagir a une lecture.

(L) - Oui, je pense bien te connaître, tout comme tu me connais bien aussi. Pour ce livre, il en allait tout autrement. Je ne suis pas certaine de ta réaction. Je connais ton athéisme réfléchi et j’ai un peu peur de ce livre qui parle de dieu d’une manière si particulière, t’agace ou te semble futile.

(P) - Ah pourquoi ? Ce livre parle de Dieu ? Je n’ai pas remarqué.

(L) - Arrête de plaisanter, et dis-moi si tu as aimé ce roman ?

(P) - En fait je ne plaisante pas ou à peine. D’abord pourquoi tu dis : Un roman ? Est-ce un roman d’amour ?

(L) - Bien sûr puisque l’amour ruisselle à chaque page.

(P) - Tu aurais pu me dire aussi que c’est un traité de théologie.

(L) - Là je ne crois pas, enfin pas vraiment. Un traité de théologie ce n’est pas ça du tout.

(P) - Bon d’accord, je ne suis d’ailleurs pas du tout compétent dans ce domaine. Mais je crois que l’auteur a été d’une adresse remarquable pour rester en limite de cette catégorie. Alors est-ce un thriller de type Dan Brown ?

(L) - Oh que non, quand même tu ne peux pas comparer ce livre au Da-Vinci Code ou a Forteresse Digitale ?

(P) - Non bien sûr!, mais quand même l’histoire est prenante avec une bonne dose de suspense. Tout au long de la lecture je me suis demandé comment tout cela allait finir, ou par quel chemin de la pensée voulait nous emmener l’auteur. Et boum, c’est au croisement un peu brutal de deux voitures que l’histoire change de direction.

(L) - Est-ce que tu as imaginé que c’était un livre de science fiction ?

(P) - Je déteste les livres de science fiction. J’essaie de vivre au présent, riche de mon passé, sans prendre le futur a crédit. Au moment ou l’histoire bascule et fait apparaître Dieu avec Jésus et le saint Esprit, l’idée de science fiction m’est apparue et cela m’a agacé.

(L) - Mais tu as lu ce livre jusqu’au bout ?

(P) - Oui bien sûr. En fait j’ai abandonné l’idée de science fiction quand l’auteur a présenté Dieu comme une grosse femme noire. Une mama en quelque sorte qui en plus se fait appeler Papa ! J’ai trouvé cela très marrant. J’ai même pensé à la tête du Pape s’il vient à lire ce livre, j’en rigole encore.

(L) - Tu n’aime toujours pas le Pape ?

(P) - Non ce vieux inutile n’est pas du tout convainquant pour moi. D’ailleurs je respecterais le Pape lorsque ce sera une femme de 45 ans mère de 3 enfants, épouse d’un homme qui aime le foot et qui travaille chez France Télécom. Là, le Pape pourra parler de la vraie vie ! Je n’ai jamais vu un végétarien donner la recette de l’andouillette moutarde.

(L) - Voilà un point sur lequel tu ne changeras pas. Mais ce livre vas-tu le ranger sur ton étagère : “Spiritualité” ?

(P) - Comme d’habitude, tu avances de-ci de-là et hop tu mets la main sur la bonne étagère. Oui, c’est surement sur cette étagère là que je vais ranger ce livre. Quoi que tu aurais pu me demander si je ne le classais pas dans la rubrique : Romans policiers puisque au début, il y a un meurtre, et qu’a la fin le coupable est jugé.

(L) - Non je ne serai pas allé si loin, mais je reviens à ton étagère “spiritualité”. La Cabane de Paul Young sera à coté de quels livres ? Tu ne dois pas avoir beaucoup de livres sur la vie de Jésus et de ses saints à ce qu’il me semble.

(P) - Détrompe-toi, j’ai beaucoup de textes fondamentaux sur toutes les religions, et c’est dans ces livres que j’ai forgé ma propre conviction. Pour l’ouvrage de Monsieur Young, il devra côtoyer “Pour une spiritualité sans Dieu” d’André Comte Sponville et de quelques autres bouquins de cet auteur. Il voisinera également avec le “Traite d’athéologie” de Michel Onfray, et là aussi quelques autres titres de cet auteur. Pas loin, il y aura Nietzsche ou Spinoza qui lui feront la nique. Je mettrais aussi pour ne pas qu’il bascule quelques bouquins de Luc Ferry, en particulier celui ou il parle de la sagesse des mythes.

(L) - Est-ce bien raisonnable de le faire côtoyer tous ces gens la. N’y a-t-il pas de contradictions ?

(P) - Tu me connais, je suis un homme de contradictions. J’accepte cette image. Mais là non, il n’y a vraiment pas de contradiction. Tous ces auteurs recherchent la sagesse, c’est à dire la recherche d’une vie en harmonie avec ceux qui les entourent et avec la nature. Tous ces livres ne sont pas des livres subversifs qui selon l’expression « bouffent du curé » mais au contraire recherchent une harmonie de vie qui est largement possible sans l’artifice de croire en Dieu.

(L) - Mais alors, tu as aimé ce livre ? Est-ce qu’il t’a apporté quelque chose ?

(P) - Deux questions. A la première, la réponse est oui, beaucoup. C’est un très bon livre. D’ailleurs, à lire son chapitre remerciements, ce livre représente une somme de travail considérable. De plus c’est un travail en équipe qu’il faut saluer. Ça c’est formidable. Pour la deuxième question, il faut classer ce livre dans la rubrique des livres riches. Ces livres qui font que quand je les pose, comme c’est le cas aujourd’hui, je me ressens avec quelque chose de plus dans la tête, dans ma manière d’appréhender les choses, les événements ou les gens. C’est vraiment un livre sur lequel on se construit.

(L) - Alors faudrait-il faire lire ce livre à des adolescents ou en philosophie pour le bac ?

(P) - Oui, ce serait bien. Même très bien. Mais je crains que beaucoup de parents et surtout d’enseignants trouvent ce livre trop orienté vers une religion particulière. Politiquement incorrect en quelque sorte.

(L) - Mais tu aurais préféré que ce livre soit écrit autrement ?

(P) - Je n’ai pas à préférer ceci ou cela. L’écriture de ce livre est, et restera la liberté de son auteur, et l’ayant lu je ne peux pas mettre de limites a cette liberté. Cette liberté n’est pas agressive, elle n’offense pas, elle ne réduit pas la mienne !

(L) - Faut-il pour cela que quelqu’un prennent la plume pour écrire cela dans une tonalité laïque ?

(P) - Oui et non. Un auteur laïque pourrait très bien aborder, comme l’a fait Young, les valeurs fondamentales de la vie. La tolérance, le pardon, l’amour de l’autre etc. sous la tonalité de la religion musulmane. Un homme, à qui il est arrivé une aventure caractéristique de la vie (perte d’un être cher, problèmes de santé, revirement de situation, perte d’emploi…) se retire dans un lieu symbolique pour lui et rencontre Mahomet. Ils parlent, ils échangent leur ressenti. Ils expliquent parfois même l’inexplicable. Mais ce pourrait tout aussi bien être la rencontre avec un vieux sage à barbe blanche, une sorte de Socrate regardant Michel Drucker à la télévision. Ce qui est important dans La Cabane, c’est de bien en retirer l’essence fondamentale.

(L) - Crois-tu que c’est ce que l’auteur a voulu ?

(P) - Il me semble que l’auteur, ou plus exactement l’équipe d’auteurs s’est laissé dépasser. Ils ont imaginé ce livre pour écrire un livre sur la bonté de Dieu, même lorsque celui-ci retire la vie à un enfant. Ils ont voulu montrer que les relations entre Dieu et les hommes sont sur des bases simples et universelles. Ils ont voulu magnifier l’image de leur Dieu. Cette volonté là est la leur, elle n’est pas discutable. Pour ce faire, il leur a fallu construire une histoire prétexte. Un homme dont la fille est enlevée et assassinée. Un homme qui cherche les traces de sa fille, mais qui se cherche aussi, là au sens spirituel. J’appelle cela l’enrobage, le squelette de l’histoire. Mais, ce qui ressort de tout cela, ce sont les mises en exergue du contrôle et de la maîtrise des sentiments humains. C’est sur ce point là que ce bouquin est riche, efficace et utile.

(L) - Tu veux dire que dans ce livre, Dieu n’est qu’un accessoire ?

(P) - Dans ce livre et ailleurs ! Non d’un chien pourquoi faut-il se référer à Dieu pour se dire que l’on doit aimer son prochain. Pourquoi se référer à Dieu pour définir que l’on ne peut pas vivre dans la haine, qu’il faut savoir pardonner. Que pardonner n’est pas oublier, n’est pas effacer la faute. Que pour les dix commandements on peut très bien vivre sans l’historiette de Moïse. A-t-on besoin de ce type là pour respecter : “Tu ne tueras point” ?

(L) - Tu penses que la croyance en Dieu n’apporte rien ?

(P) - Il faut être respectueux des autres. Si des gens croient en Dieu et on besoin de cela pour vivre, c’est sans doute que cela leur apporte quelque chose, une voie. C’est évident. Mais pour moi, comme pour beaucoup d’autres, je n’ai pas besoin de cela. C’est en moi que je vais chercher ces forces pour me fixer une ligne de vie. Et si je ne trouve pas ces forces en moi, je vais les chercher chez les autres, car il y a toujours un autre qui est là pour m’aider. A moi de le trouver.

(L) - Dis donc ce livre a vraiment excité ton esprit et finalement je suis contente de te l’avoir conseillé. Mais au fait, est-ce que tu vas en conseiller la lecture à d’autres ?

(P) - Certainement. C’est un livre à ne pas manquer. Je dirais à un protestant évangéliste : Allez-y ce bouquin est fait pour vous. À un catholique, je lui dirais qu’il va rencontrer Dieu avec un éclairage fluo. Comme c’est la concurrence directe qui l’a écrit, le livre ne parle pas de la Sainte Vierge, du Pape de tous les Saints. Il parle à peine des écritures. Mais la sainte trinité présentée comme cela mérite le détour. A un musulman je lui dirai que Dieu peut avoir cette couleur là pour lui, à condition qu’il regroupe en un même personnage les trois de la trinité et qu’il accepte la mise en valeur du rôle des femmes. Les valeurs humaines proposées ne sont-elles pas universelles ? Universelles également pour les athées, les bouddhistes ou les hindouistes. Ces deux derniers, je ne les connais pas trop, mais je suis certain que nous avons l’essentiel en partage.

(L) - Tu viens de me rendre heureuse de t’avoir fait partager cette lecture. Au fait, que penses-tu de leur projet de faire un film ?

(P) - Le livre a été construit dans cette intention. Là, je suis perplexe car je crains que le film devienne un film de propagande pour promouvoir la croyance en Dieu. Après tout pourquoi pas, là encore, c’est leur liberté. Mais dans ce cas le film n’aura aucun intérêt pour moi. Mais je crains encore plus pire, c’est que ce sera sans doute un réalisateur américain qui fera le film et ce sera dommage. Fait par un français ce serait peut-être intéressant ! – Question de sensibilité !

(L) - Sectaire ! (rires)

(P) - Mais je te remercie mille fois de ton conseil. Tiens voilà Annie qui revient du jardin avec ses tomates et ses courgettes.

(A) – Oh, bonjour Lucille, c’est gentil de venir nous voir. Tu reste manger avec nous ce soir ? Je fais un potage de légumes du jardin.

(L) - C’est avec plaisir que je reste, mais de grâce, si nous bavardons, ce n’est pas de ce bouquin qui est sur la table.

(A) - Ah bon ! Pourquoi, il n’est pas bien ? J’allais justement le lire. Il parle de quoi ?

(P) - Top secret avant lecture. Discussion après lecture. Qu’est-ce qu’on mange après le potage ?

Posté par PierreDelphin à 23:02 - - Commentaires [4] - Rétroliens [0]
mardi 13 octobre 2009

Journée de pension

À la dernière récolte les oignons avaient beaucoup de peaux. En les sortants du jardin mon père m’avait dit :

- L’hiver sera rude, les oignons ont beaucoup de peaux, regarde.

C’était vrai, ils ressemblaient à ces grands-mères frileuses qui mettent plusieurs couches de vêtements pour se protéger du froid.

L’hiver est là. Il est froid, dur, enneigé. Seule une lumière pâlotte, incertaine éclaire la cour de récréation durant la journée. La nuit vient vite, glaciale. Dans quelques semaines, j’aurai douze ans. Ma mère m’a dit que c’était l’âge où l’on devient grand garçon. Je ne suis même pas sûr d’être un grand garçon, d’ailleurs je m’en fous. Et puis même, je ne me sens pas grand du tout.

Je suis en pension. Je ne sais pas comment c’est fait à l’intérieur des prisons, je ne connais que la pension. C’est sans doute à peu près pareil. L’instituteur avait dit à mes parents :

- Il a réussi son examen d’entrée en sixième, c’est bien, qu’il aille à Crémieu, là bas au moins, il y a de la discipline.

Mes parents l’on cru. C’est normal il était instituteur.

Je suis en pension. Je découvre un état que je mettrais longtemps à nommer. La maltraitance quotidienne. Oh, ce n’est pas grand-chose, juste l’accumulation de petites souffrances. Tous les jours. En plus en ce moment il fait froid, très froid. Moins 21 degrés hier en fin de journée. Heureusement pour nous, notre directeur protège notre santé, et pour que nous soyons des hommes solides plus tard, il laisse les fenêtres du dortoir ouvertes toute la journée. Il a raison. Hier au soir, à neuf heures trente, il n’y avait aucuns microbes dans le dortoir. Il faisait moins 20 ! Couvrez vous bien nous a dit le surveillant. L’édredon était une fourniture obligatoire des familles. Le mien est jaune avec des plumes bien chaudes à l’intérieur.

À sept heures et quart ce matin quand le surveillant à éclairé la chambrée, les quarante neuf têtes ont émergées en rouspétant silencieusement. Ce n’est pas le moment de prendre une punition.

- Aller, tout le monde à la toilette.

Nous ne nous bousculons pas pour arriver à nos casiers. Le premier qui tente d’ouvrir l’eau crie :

- M’sieur, ça coule pas.

- Ah, faites voir. Ben, c’est gelé ! Attendez un moment.

Il nous laisse là, il fait très froid avec seulement notre pyjama sur la peau. Il revient très vite avec le Directeur qui lui aussi constate qu’il n’y a pas d’eau.

- Bon aller, tout le monde à la cuisine.

Ce matin, nous avons eu un peu d’eau tiède pour nous laver dans le grand évier à vaisselle. La toilette reste très superficielle, les fesses et les pieds, nous ferons ça dimanche.

Retour au dortoir pour refaire le lit et s’habiller. Chemise chaude et pull over pour le haut. Grandes chaussettes tricotées par la maman et pantalon avec élastique en bas des jambes pour le bas. Les chaussures montantes complètent l’équipement. Il n’y a pas d’uniformes, mais nous sommes tous, à peu près pareils.

- Aller, tout le monde au petit déjeuner, dépêchez-vous !

Arrivée dans le petit réfectoire. Quatre tables. Celle du fond c’est celle des sixièmes. Les grands, les troisièmes ont la première. Avant de rejoindre nos places, nous attrapons notre boite à beurre. Celui-ci n’est pas fourni par l’école. Nous l’amenons de la maison lors de la sortie tous les quinze jours. La prochaine sortie, c’est après demain. Le beurre sent mauvais, conservé sur une étagère, il est rance. Un bol de chocolat pour chacun et une tranche de pain. Pour que le lait pur ne nous rende pas malade, il est coupé avec de l’eau. C’est sans doute une gentille attention.

Un claquement des mains derrière nous, notre cher Directeur Honoré Paviot nous intime l’ordre de nous presser à récupérer notre cartable et à filer vers notre classe. Derrière lui sa délicieuse épouse crie pensant nous faire aller plus vite. On ne va pas plus vite, mais nous avons peur. Dans une vie antérieure, elle a dû être croisée avec un bouledogue. Elle n’a aucun rôle réel dans l’établissement sinon celui de femme du Directeur et porte voix.

Nous traversons un bout de cour enneigée pour rejoindre un couloir qui nous mène au bâtiment des filles, là où sont les salles de classe. Pendant que nous entrons par une porte, les filles entrent par une autre porte sur le mur opposé. Bureaux deux places, huit bureaux par rangées, quatre rangées, deux pour las filles deux pour les garçons On ne sourit pas, on ne parle pas : personnes ne bronche. L’épée de la punition plane au dessus de nos têtes. Là en sixième, c’est les profs qui changent de salle, pas les élèves. Un homme vient s’agiter devant nous et nous délivre son savoir. Est-ce Péju le prof d’histoire-géo ? Son enseignement fade est une récitation d’un cours préparé en début de carrière. Nous sommes là pour écouter et écrire ce nous devons apprendre par cœur. Quand il le faut j’écris, mais je n’écoute pas. Mon cerveau est absent, j’ai dû l’oublier quelque part sur une étagère. Je suis même incapable de dire à quoi je pense. Je suis incapable de dire quelle est ma souffrance, incapable de la décrire ou même de l’exprimer. Je pense que c’est un sentiment d’abandon, perdu dans un espace où il n’y a pas de place pour moi. Le week-end de sortie, si on me pose la question : - Comment ça va ? Je réponds : ça va bien. Conscient que si je décris comment se passe la vie ici, tous croirons que je fabule, alors j’évite, je détourne le sujet.

Heure de la récré. Les garçons sortent à droite, les filles à gauche. Nous remontons le couloir qui débouche dans la cour. Tiens voilà Bonzi qui arrive. Le prof d’italien toujours excité. Il s’arrête, me regarde droit dans les yeux l’œil méprisant : - Ta dernière interrogation écrite est nulle, tu n’es qu’un fainéant. La main que je n’ai pas vu venir claque sur ma figure. Ma tête vacille un instant. Je reprends le chemin de la cour en baissant la tête et en m’excusant. Aucun des copains qui ont vu la scène ne se moque de moi. Aucun ne me plaint. Aujourd’hui c’est moi, à qui le tour demain ?

La cour a toujours les vingt centimètres de neige, tassée dans les lieux de passage. Je reste assis sur ce coussin froid, la température voisine avec les moins vingt degrés. Le ciel est gris, tout est gris. Je suis mal et j’attends la fin de la récré, pour attendre encore la prochaine récré et attendre encore, laisser filer le temps, ce temps inutile. Retour en classe où un autre pantin pédagogique vient s’agiter devant nous. Fin de matinée, direction cantine.

Règle : Tous les plats doivent repartir vides. Si ce n’est pas trop mauvais les plus forts prennent une large part, si ce n’est pas bon, c’est aux plus faibles de finir la gamelle. Je suis un peu chétif avec un caractère peu marqué, je finis souvent la gamelle. Je sais que si je déroge à cela, j’aurai une trempe à la prochaine récré. Je me demande chaque jour comment le cuisinier peut faire pour nous donner une cuisine si dégueulasse ; il y a là une sorte d’application. Pendant tout le repas, il y a l’œil froid et acéré de la femme du dirlo qui se pose en lames glaciales sur nos nuques. Elle n’a jamais un regard sur les règlements de compte des grands sur les petits, ou des forts sur les faibles. Jamais. Pour elle cela contribue sans doute à un bon système éducatif pour apprendre à vivre en collectivité.

Après midi somnolent. J’entends à peine la musique de la voix du professeur. J’entends seulement le mot : Dictée. Ma hantise. Je sais d’avance que ma note sera au mieux de six sur vingt, mais plus souvent proche de zéro. Personne ne m’aide, je suis au point de départ d’une vie dysorthographiée et dégrammaticalisée. Les mots sonnent, leur sens s’échappe en bulles de fumée. Beaucoup d’entre eux, je ne les connais pas. Il n’y a presque pas de livre à la maison. La lecture, c’est un peu une perte de temps. Les minutes se sont entassées aux minutes, le temps a passé, fin des cours c’est l’heure du goûter.

Retour dans le bâtiment des garçons, en rang dans le couloir. Dans le coût de la pension, il est prévu la fourniture d’une tranche de pain. Le cuisinier fait la distribution en vérifiant que personne ne triche. Le pain est cher ! Rien n’est prévu par l’administration pour compléter le pain. Si quand même ; nous avons le droit de rapporter de la maison, lors de nos visites bihebdomadaires un peu de complément venu de la maman. C’est la seule trace affective de la journée. Ces petits plus alimentaires sont gardés dans une caisse en bois fermée par un cadenas. Ces caisses sont rangées dans un placard au fond du couloir, fermé à clef. Dix jours que je ne suis pas rentré à la maison, le fromage sent mauvais. Au fond de la caisse deux ou trois bonbons, j’en attrape deux et les glissent en cachette dans ma poche. Je sens une main qui tord mon petit doigt et une voix qui me glisse à l’oreille : - Donne moi un morceau de saucisson ou je le casse. Je donne mon reste de saucisson. Je n’ai aucune capacité à me battre.

Hésitant de sortir dans le grand froid de la cour, nous nous entassons au fond du couloir. Mais la voix du cerbère enjuponné crie d’une voix de baryton : aller dehors bande de douillets, allez vous endurcir ! Nous sortons en cherchant un recoin où il ya moins de vent. On mange recroquevillés nous ne pensons même pas que la vie puisse être différente. Coup de sifflet, c’est l’heure de l’étude.

Le feu vient d’être allumé dans le poêle à bois au centre de la classe. J’ai de la chance, mon bureau n’est pas trop loin. L’un d’entre nous avait été désigné pour aller chercher un panier de bois dans la réserve.

Ce soir, c’est mathématiques et rédaction. Et, j’allais l’oublier la punition. Écrire cent fois : « je ne dois pas parler en classe ». Écriture à la plume sergent major trempée dans l’encrier. Avec un copain nous avons inventé un truc. En attachant avec un élastique une deuxième plume au bout du porte-plume, on est capable d’écrire deux lignes à la fois. Cela a été ma première approche de la productivité. L’intérêt de faire des punitions écrites, c’est que l’on a plus assez de temps pour faire le travail normal, quand comme moi, on n’est pas très rapide dans la réflexion. Dons on attrape une autre punition. Du type : « je dois apprendre mes leçons ». À coté de moi deux copains rigolent en douce. Ils ont pu se procurer deux tubes de colles Limpidol. Ils en déposent un large cordon sur le bout de la règles et le renifle avec les yeux émerveillés. Quand il n’y a plus d’odeur, ils roulent le cordon et le mâchent comme un chewing-gum. Quand le surveillant tape dans ses mains, nous laissons nos affaires en place pour le temps du repas.

Ce soir comme tous les soirs, c’est la soupe. Bon, à la maison c’est pareil, mais celle de maman est meilleure. À table, nous essayons de parler, ici nous en avons le droit. Nous nous racontons des histoires, nous fanfaronnons. Nous voudrions être un peu important, exister. Mais le repas se termine, au claquement des mains nous rejoignons la salle d’étude pour une petite heure. Calcul de fractions, c’est éprouvant, au fait le numérateur, c’est en haut ou en bas ? Rédaction : « Décrivez votre animal préféré ». Moi, c’est mon lapin. On l’élève, et quand il sera gros, nous le mangerons un dimanche. J’explique que le lapin, je l’aime deux fois. Une fois dans sa cage pour jouer avec, une autre fois dans mon assiette. Le feu commence à baisser, le froid arrive vite. Nous rejoignons le dortoir.

Quand nous arrivons, le surveillant dit : - Zut, on a oublié de refermer les fenêtres. Il fait moins vingt dehors. Vite le pyjama et vite sous les couvertures et l’édredon. Je rêve un instant avant de m’endormir. Mais le rêve dans le froid se condense et je ne saurai pas demain si son contenu était heureux.

Dans la limite de la qualité de ma mémoire, cette histoire est vraie. Elle se passe en février 1956 de sinistre mémoire météorologique. Aujourd’hui je pense que le directeur de cette pension était un nostalgique de la milice disparue quelques années auparavant. L’année suivante, j’ai changé de pension.

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mercredi 7 octobre 2009

Le temps qui file au fil des saisons

Comme nous étions bien dans notre printemps de vie. Nos têtes pleines de projets partagés. L’amour mélangeait nos cœurs nos idées nos envies. Nous étions sur le même chemin. Nous marchions du même pas. Nous apprenions la vie, nous en faisions le brouillon, nous étions en apprentissage. La musique nous attendrissait.

Notre été était chaud, lumineux. Les enfants sont arrivées pour apporter de la lumière à la lumière. Du bonheur au bonheur. Nous affirmions nos caractères et nos volontés. Nous étions actifs et peu à peu nous vivions nos réussites. On pouvait nous citer en exemple, nous étions un repère. La musique nous faisait danser.

L’automne est arrivé avec les couleurs qui changent de vert en or. Puis avec les premiers froids les feuilles sont tombées. Volant en arabesques pour se poser sur un sol humide et déjà froid. Comme la nature notre bonheur commençait à s’engourdir, à se figer. La protection était recherchée en soi même, plus que chez l’autre. La musique nous faisait rêver.

Avec l’hiver, chacun a pris son manteau pour y trouver sa propre chaleur. Les routes restent proches, mais ne se touchent plus. Les bonheurs quand ils sont là, sont moins partagés, chacun y prend la part qu’il peut. L’amour laisse sa place à l’amitié, mais ce n’est pas le sentiment attendu et la chair devient de glace. Petit à petit, nous sombrons dans une indéfinissable et froide mélancolie. Nous écoutons chacun nos musiques.

Quand mon cœur espère un nouveau printemps, mon esprit lui dit qu’il n’y croit plus. Tristement j’arrive en fin de vie, dispersé, le corps en solitude.

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dimanche 27 septembre 2009

Sans blagues tu blogue ? (2)

Enfin je suis assis. Cette course dans le métro m’a épuisé. Ma valise est rangée, je garde près de moi ma sacoche avec des bouquins et mon cahier d’écriture. Je dois préparer un nouveau texte pour mon blog. Il faut que je trouve un nouveau style, peut-être plus drôle. En attendant de sortir mon livre, je m’affale un peu. Une gentille voix féminine annonce le départ imminent. Une femme, le nez collé sur son billet s’approche. Manifestement elle a la place à coté de moi. Elle me dévisage et éclate de rire :

- Pierre que fais-tu ici ?

- Oh, Michèle quel plaisir de te revoir.

- On dirait que l’on s’est donné rendez-vous.

- D’où viens-tu ?

- De chez un client, comme toutes les semaines. Et toi ?

- Je viens de passer quelques jours chez ma fille pour garder mon petit fils.

- Alors, elle t’a remis au travail ?

- Oh, ce n’est pas du travail, que du bonheur.

Michèle est une très ancienne collègue, devenue amie avec qui nous avons partagé beaucoup de réflexions très sérieuses et aussi beaucoup de fous rires.

- Alors, ma belle, tu es toujours active ?

- Oui encore deux ans et je te rejoins au club des retraités bienheureux ! Et toi que fais-tu pendant cette retraite ?

- Oh, je bricole, je suis en train de finir un lit pour mon petit fils. Je fais cela le matin, et l’après midi, je bricole sur mon ordinateur.

- Mais qu’est-ce que tu fais sur ton ordinateur ?

- Ben, c'est-à-dire… Voilà depuis quelque temps, j’écris. J’écris des petites histoires, des poèmes, ce qui me passe par la tête. Ça me fait du bien d’écrire.

- Mais, tu en fais quoi de tout ce que tu écris ? Tu va faire un livre ?

- Oh non, ce n’est pas mon intention. En fait j’ai ouvert un blog sur internet.

- Sans blagues, tu blogues ?

- Et oui tu vois tout évolue !

- Donne moi vite ton adresse, écris la sur mon agenda, j’irai faire de la lecture ce soir, cela me fera faire de beaux rêves. Mais tu as des lecteurs ?

- Oui, quelques uns, mais je vais aussi lire les textes des autres.

- Mais qu’est-ce qu’on trouve sur ces blogs, ce n’est pas trop banal ou ringard ?

- Pas du tout, si tu veux je peux te donner quelques exemples.

- Oh oui, je veux bien, attends que je prenne un papier pour noter.

- Comment commencer, tiens je vais te citer d’abord Fabienne. Son nom d’écriture c’est Fabeli. Elle, c’est super. Je crois que son porte plume a été taillé dans du balsa tellement son écriture est légère. Des nouvelles, des poèmes, j’ai du plaisir à lui faire une petite visite quotidienne. Note son site : « Fabelire » http://fabelire.canalblog.com Va faire un tour, tu vas te régaler, toi qui aime les choses bien faites. Et je suis sûr qu’elle a encore plus de talent qu’elle n’en laisse paraître.

- Mais dis donc tu sembles bien la connaître.

- Pas du tout. Il me semble qu’elle habite la région de Pau, mais cela n’a pas d’importance. Les échanges de petits mots sont toujours très sympathiques. Tiens, je vais te parler maintenant de Sophie, son blog, c’est : « Chez Sophie » http://chez-sophie.hautetfort.com . Là c’est vraiment de la belle écriture, celle qui donne de l’émotion et de la réflexion. Elle aborde l’existence en s’adonnant aux délices de la philosophie tout en gardant un gentil sourire au coin des lèvres. Un monde intérieur d’une grande richesse. Mais attention, ne fais pas que passer rapidement sur son blog. C’est un blog où l’on s’arrête pour déguster les mots, leurs sens et les images qui y sont attachées. C’est un platane du midi sous lequel on s’arrête une journée d’été pour se rafraîchir avec un sirop d’orgeat.

- Dis donc, tu es amoureux ?

- Oh seulement des mots et des idées. En parlant d’amoureux je passe dire bonjour de temps en temps à Volcane. Je crois que c’est une éternelle amoureuse de la vie. La particularité chez elle, c’est que pour entrer sur son blog il faut passer par la case +18.

- Dis donc coquin tu vas dans le X ?

- Oh pas du tout, même si cette jeune femme parle d’aventures amoureuse détaillées, cela est fait avec une si jolie écriture, à la fois précise et tout en retenue. Son site s’appelle « Volcane » http://volcane.canalblog.com . Elle prépare une agrégation de philosophie, ce qui lui confère une écriture très réfléchie.

- Tu es très orienté philo maintenant.

- J’ai été très cartésien toute ma vie professionnelle. Alors j’évolue.

Je vais aussi te parler d’un site très particulier : « Le blog de Miyo » http://miyo-54.over-blog.fr .Un très joli site. Une dame qui souffre de Fibromyalgie. Elle a constamment des douleurs, sa vie est très difficile. Note son site, et va faire un tour, laisse lui un petit message, ce n’est pas grand-chose, mais je crois que ça l’aide à tenir.

- Je reconnais là ton esprit de solidarité et de compassion.

- Je sais que tu fais beaucoup aussi dans ce domaine.

- Dis donc tu ne me parle que de site de femmes. Es-tu le seul homme sur internet ?

- Ne te moque pas de moi, j’allais te citer Philippe. Son site : « Le chemin de Philarmor » http://philoway.canalblog.com Lui, il apporte des réflexions de grande qualité, et surtout pleines d’objectivité sur le bouddhisme. Sans être un de ces racoleurs qui te disent : - viens voir ma religion, elle est meilleure que les autres. Il a aussi de belles réflexions sur l’évolution de notre planète, tout comme toi. Ce doit être un écologiste réfléchi.

- C’est passionnant tout ça. Il y en a d’autres ?

- Oh oui, et encore des sites passionnants, mais ceux là je te les raconterai lors d’un prochain voyage, d’ailleurs nous arrivons. Est-ce que tu es libre vendredi à midi, ça me ferai plaisir de déjeuner avec toi.

- Super idée, où ?

- Passe donc à la maison, ma femme sera contente de te revoir.

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mercredi 23 septembre 2009

Sans blagues tu blogue ? (1)

- Y a plus d’ pain !

- Quoi qu’est-ce tu dis ?

- Ya plus de pain

- Bon, j’y vais !

Je quitte mes savates pour des chaussures plus confortables, une poignée de monnaie dans la poche, en route. Arrivée au centre, Marcel est là devant le café des amis. Je ne sais pas comment il fait Marcel, mais chaque fois que je viens faire des courses, je le trouve devant le café des amis. Pourtant il n’est pas à la retraite, il travaille toujours pour la commune, aux espaces verts.

- Salut Pierre, comment tu vas ? Tu viens t’en jeter un ?

- Pourquoi pas ! Y fait chaud et j’ai soif.

On s’installe en terrasse, Robert arrive en tenancier proche de sa clientèle, son chiffon humide dans une main. Pendant qu’il donne un coup de propreté à la table, il nous salue :

- Alors les anciens, en promenade. Tu viens faire les courses, Pierre ? Marcel, je lui demande pas, aux espaces verts, il est chargé de surveiller les deux pots de fleurs devant la terrasse.

- Non mais oh ! faut pas que t’exagère ! Ce matin on a bossé comme des fous au rond point du monument !

- Tu sais, dès qu’on bosse on est un peu fou ! Et toi Pierre cette retraite ça se passe bien ?

- Oui, bien, très bien ! Le matin je bricole un peu au jardin, et l’après-midi je bricole avec mon ordinateur.

- Qu’est-ce que tu fais sur ton ordinateur ? Moi aussi j’aime bien ça, enfin quand j’ai le temps.

- En fait j’ai fait un blog d’écriture, et je lis ce que font les autres.

Marcel attrape le verre de bière que Robert a apporté :

- Sans blague tu blogue ?

Robert se tourne vers Marcel en riant :

- Et toi Marcel, tu t’intéresse aussi à l’informatique ?

- Oh, non moi, c’est pas mon truc, mais mon gone y m’a fait voir. Ça l’air intéressant, mais moi j’y comprends rien.

- Mais tu écris, toi Pierre ?

- Oui, enfin, j’essaie, je scribouille dis-je en riant.

- Faudra me dire sur quelle adresse, j’irai voir ça.

- C’est simple, sous Google, tu tape : ecritexte.canalblog.com et tu pourras lire ma production ? Tu me laisseras un mot pour me dire ce que tu en pense.

- Tiens marque ça sur le sous verre, je regarderai ça ce soir.

En finissant sa bière et en attendant que Robert aille lui en tirer une deuxième, Marcel parait tout étonné. Alors Pierre c’est comme qui dirait que tu es un écrivain.

- Tu sais Marcel, faut pas exagérer, un écrivain, c’est quelqu’un qui gagne sa vie en vendant ce qu’il écrit. Moi, je n’écrit que parce que ça me fait plaisir.

Il pousse un profond soupir en essayant d’assimiler la différence entre un écrivain et un scribouillard. Il attrape d’une main ferme sa bière en disant merci du regard à Robert. Robert reprend sa conversation :

- Mais alors, qu’est-ce que tu écris ?

- Oh, pour le moment je m’entraîne. J’essaie d’écrire un peu de tout. Des petites histoires, des poésies (ça c’est dur !) ; et puis des fois des pensées toutes bêtes.

- Ben dis donc ! Et les autres qu’est-ce qu’ils écrivent ?

- Oh des tas de choses diverses et variées, il y a un peu de tout, il faut trier ce qui plait.

- Moi aussi, ça me plairait comme ça avec des personnes qu’on ne connaît pas, de partager un mot, une phrase, une idée.

- Oh c’est intéressant ce que tu viens de dire, je mettrais ta phrase dans mon blog.

- Ah bon, c’est comme ça que tu fais, tu pique les idées des autres !

- Et alors, si elles sont bonnes, pourquoi se gêner ?

- Bon, explique-moi. C’est qui les autres que tu rencontre ? Ou dont tu lis les textes ?

- Ce sont souvent des gens comme toi et moi qui on envie de raconter des choses, de partager des idées. Si tu veux, je vais te citer quelques exemples.

- Oui, je veux bien, y a pas trop de monde ce matin.

Le premier exemple, c’est une dame, la première qui a mis un mot gentil sur mon blog. Elle s’appelle, ou se fait appeler Caranca. Sur son blog : « au fil de l’encre, au fil de l’eau », http://noursette.canalblog.com tous les matins, de bonne heure, elle parle de ses lectures ; elle nous propose presque tous les jours une pensée bien fraîche, comme ta bière. Elle nous parle de la nouvelle maison qu’elle a achetée avec son mari. Elle nous montre les photos des travaux, ça l’air d’être des gens très courageux. Son mari, c’est Nounours, elle, c’est Noursette et les enfants, c’est les Noursons et les Noursonnes. Alors on se passe un petit mot de temps en temps, elle parait très sympathique

Un autre exemple, c’est un blog qui s’appelle : « écrire de plaisir » http://ecriredeplaisir.canalblog.com La dame s’appelle Hélaine. Elle a une écriture très agréable, pleine de douceur et elle compose de merveilleux poèmes. Comme elle est d’une gentillesse très délicate, elle m’en a composé un pour la naissance de ma petite fille Angélina. Elle m’a conseillé de lire un livre au titre marrant : -Le cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates-

Marcel éclate de rire :

- C’est quoi ce truc là des amateurs d’épluchures de patates, c’est une histoire de cochons ?

- Oh pas du tout, c’est une très belle histoire d’une dame qui correspond avec un monsieur de l’ile de Guernesey à la fin de la guerre. C’est plein de délicatesse, c’est drôle et tendre. Et puis on apprend beaucoup sue les souffrances de ces gens pendant l’occupation allemande. Encore un autre blog :

« À mon seul désir » http://charivarii.canalblog.com de Charivarii. En fait, je crois que la dame, s’appelle Isabelle, mais je n’en suis pas sûr. Là c’est des belles photos, très poétiques, des propositions de lecture. J’aime bien aller sur son site, c’est comme des petites vacances reposantes.

Et puis encore, le « journal d’une trentenaire ordinaire » http://temperance2.canalblog.com Une jeune dame qui s’appelle Tempérance, d’après mon ordinateur, elle écrit de Corée, mais je ne suis pas sûr que ce soit vrai. Alors là malgré son titre, ce n’est pas vrai, elle n’est pas ordinaire. C’est une personne qui, lorsqu’elle écrit un mot, t’as envie de lire le suivant. Et quand t’arrive à la fin, t’es un peu déçu qu’il ne soit pas plus long, mais ce que tu as lu était tellement joli que tu attends avec impatience sa prochaine publication.

Marcel se lève brusquement. Avec Robert nous sommes surpris, peut-être l’ai-je ennuyé avec mes palabres internetiques ? Mais il nous rassure :

- Scusez moi, c’est bien ce que vous racontez, mais il est tard et y a la Bernadette qui m’attend. Si j’suis en retard elle me fait la gueule !

Je regarde l’heure et je me dis qu’il est grand temps que je rentre à la maison moi aussi. Bon Marcel, je te laisse, je repasserai pour te parler des autres blogs que je lis régulièrement.

- Ce n’est pas de refus, ce que tu m’a dis, m’a bien intéressé, reviens raconter tes petites découvertes.

- C’est d’accord, bon j’y vais !

Je presse le pas sur le chemin, et j’arrive essoufflé à la maison, j’enfile rapidement mes savates, et entre discrètement.

- Ben dis donc t’en a mis du temps pour aller au pain. Où tu l’as mis ?

- Oh merde, je l’ai oublié !

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L’édition suivante de SBTB est en préparation

Posté par PierreDelphin à 15:30 - - Commentaires [4] - Rétroliens [0]
lundi 31 août 2009

Lecture « coup de cœur solidaire »

Comme beaucoup, lorsque je ne m’occupe pas de mes pages d’écriture, je vais rendre visite à d’autres blogueurs. Rencontre souvent très agréables où j’apprends l’humilité, tant je rencontre de belles écritures.

Un jour, ma promenade m’a fait passer par : « Mon blog ». Janina, une femme, que je pense jeune, parle de sa passion de l’écriture. Elle parle de son rêve de publier un livre, SON livre. Son rêve, elle se l’est fait piétiner, puis elle à réussi avec un petit éditeur.

Sur le site de l’éditeur, je suis allé fouiller, et j’ai trouvé quelques pages du livre de Janina. Mon esprit est bien rentré dans l’histoire, et j’ai commandé le livre. Oh, je l’ai commandé un peu par curiosité, un peu par solidarité. Quelques jours plus tard, le facteur m’apportait mon petit colis.

Le lendemain matin je l’ai pris et me suis assis sous l’arbre à l’ombre d’une journée caniculaire. J’ai commencé à lire, tranquillement. J’ai fini le dernier chapitre le soir en me couchant. J’ai eu une journée de bonheur.

Janina nous raconte une intéressante et belle histoire d’un homme avec ses joies et ses peines. C’est une très belle aventure humaine où les échecs sont aussi bien décrits que les réussites. J’ai aimé les personnages qui comme moi, comme nous tous, ont leurs forces et leurs faiblesses. J’ai eu des sourires, des émotions plus tristes, l’attente de la page suivante.

Janina peut être fière de ce travail de cette réussite. Un peu comme une maman est fière de son bébé. J’ai souvent pensé à elle au cours de cette lecture. Dans ces personnages, qui est-elle ? Ou plutôt, dans chaque personnage, quel est le petit morceau de Janina ? L’esprit d’entreprise et les errances de Neal ? La fragilité de Gilda ? La force douce de la maman ? La douleur tragique de Myriam ? La sensualité de Clara ? La sagesse de Christophe ? La générosité de Sébastien ? Et tous les autres ? Où est-elle cachée ?

En fermant le livre, avant de m’endormir, j’ai fait un rêve.

Et si de blog en blog on assurait un bout de promotion à ce bouquin.

Et si le temps de commander un livre, le temps de le lire, le temps d’écrire un mot sur chaque blog, et si ces temps apportaient un bout de réussite à Janina.

Comme je ne sais pas bien conjuguer le verbe « être amical », je vous propose de le conjuguer au présent. C’est, je crois, une forme active.

Ce livre s’appelle : L’IRIS BLEU

Le blog de Janina est : http://joeletjanina.canalblog.com/

L’éditeur du livre est : http://edilivre.com/

Je vous souhaite de passer un moment agréable de lecture, en offrant un sourire à Janina.

Posté par PierreDelphin à 22:25 - - Commentaires [2] - Rétroliens [0]
samedi 11 juillet 2009

Conversation

001

« Avec mon amie Bernadette, à partir de la photo ci-jointe, nous avons imaginé une conversation entre les deux personnages »

-         Tu as vu le serveur, il est craquant non ?

-         Tu ne le trouve pas un peu décati ?

-         Non, il a à peine la cinquantaine.

-         Tu crois ! Ils font vieux de nos jours les quinquas.

-         Oui c’est vrai, mais on peut rêver un peu Marie Chantal.

-         Rêver, c’est dur. Quand je me regarde dans le miroir, je ne me trouve plus très fraiche.

-         Penses-tu, tu es aussi fraiche qu’une laitue sur le marché du samedi.

-         Du samedi. Ça veut dire qu’elle a trainé toute la semaine sans trouver preneur, c’est gentil de ta part !

-         Aller ne te fâche pas, je plaisante. Avec un peu de crème et un coup de poudre, c’est reparti pour nos vingt ans.

-         Un coup de foudre tu crois ?

-         Non, pas un coup de foudre c’est plus de notre âge. J’ai dit un coup de poudre avec un P comme paradis.

-         Je vieillis, voilà que je deviens aussi dure de la feuille, on est mal parties pour un brin de causette avec le monsieur, au cas ou il nous aurait remarquées.

-         Tu parles, pas tant de chance. Au fait tes annonces dans top 69 ça donne quoi ?

-         Rien, enfin rien d’intéressant pour moi. Ils veulent tous une pin-up de 30 ans, plus jeune qu’eux ou, pour mon âge, la parfaite ménagère, cuisinière et j’ai bien peur que pour plus tard, ils pensent infirmière.

-         Pourtant, ton annonce ; « femme mûre cherche homme jeune pour partager pension » était très intéressante. Tu es forte en marketing !

-         Le marketing, ça marche pour les yogourts ou pour les crèmes antirides. Mais là…

-         Oui bof ! moi ce que je voudrai trouver pour me tenir compagnie, c’est un homme comme Aubamat. Je le trouve très beau et en plus il est bien éduqué.

-         Ça oui, ce genre me plairai bien, j’aimerai quelqu’un qui parle anglais, voire d’autres langues et qui aime voyager. Il m’emmènera dans des pays de rêve, ça serai pour moi le paradis.

-         Ce que j’aime en lui, c’est qu’il est noir, mais pas trop. J’imagine aller visiter l’Afrique avec lui, ce serait merveilleux. Tiens tu pourras venir avec nous.

-         L’Afrique, c’est pas mal. Mais je préfère les îles, n’importe lesquelles. Ça fait plus romantique, tu ne penses pas ?

-         Ah ! le romantisme, tu as raison. C’est ce que nous avons besoin à notre âge !

-         Oui, une île avec du soleil, la mer, le sable chaud ! Mais on va ressemble à quoi en bikini ?

-         Oh ! ça dépend beaucoup du bikini. Aujourd’hui ils en font de très enveloppants avec des couleurs très seyantes.

-         C’est plus un bikini vu comme ça ! à 30 ans je me permettais encore le string... alors…

-         Moi, à 30 ans je portai un trikini.

-         Trikini ? qu’est-ce que c’était ? je ne me souviens pas en avoir entendu parler.

-         Oh ! c’était simplement un béret basque avec deux espadrilles, une vraie folie.

-         Pourquoi les espadrilles ? je ne vois pas bien l’utilité pour bronzer.

-         Ça fait plus habillé, et puis les oursins ma chère, les oursins. C’est que ça fait mal ces bêtes là !

-         Oui, mais ça m’a laissé un bon souvenir les oursins. Ou plus exactement une épine mal placée. Tu devines de quoi je parle. Et bien le bon souvenir, c’est le maître nageur qui me l’a enlevée. Une fin de vacances de rêve et si romantique… (soupirs)

-         Maîtresse nageuse, ça c’est un métier que j’aurais aimé faire. Dommage que je ne sache pas nager.

-         Dommage en effet. Quoique les maîtres nageurs ne sont pas souvent dans l’eau, tu auras remarqué je crois.

-         D’accord, mais ça fait quand même plus sérieux de savoir nager, des fois qu’on tombe à l’eau.

-         Oui, c’est sûr ! tu crois qu’Aubamat sait nager ou enlever les épines des oursins ?

-         Ah ! ça c’est sûr ! Les politiciens savent toujours nager, même quand l’eau est trouble. Quand aux épines, c’est souvent qu’ils rencontrent des situations épineuses.

-         Oui, et que leurs amis demandent de leur enlever du pied. Plus ils sont haut placés, plus vite on est guéri.

-         Ça vient du bon air en altitude. D’ailleurs ma tante qui habite la montagne n’est jamais malade.

-         Ça serait une bonne idée de vacances, la montagne. Surtout plus de problèmes de bikinis. Au fait, pour en revenir au serveur, je ne le trouve pas si fringant que ça.

-         Oui la montagne j’aime bien. Mais mon médecin m’a interdit le saut à ski, à cause de mon ostéoporose. Quoiqu’il en soit, si le serveur m’invite à faire du ski de fond, je fonce.

-         Je n’aime pas le ski de fond, la piste oui. Surtout pour les remontées en télécabine. Pour un petit voyage près du ciel, bien serré l’un contre l’autre.

-         Oh ! oui, c’est bien quand on est serrés les uns contre les autres. Dommage que parfois ça sente mauvais. Mais le voyage n’est pas si long.

-         Quand il fait froid, les odeurs se répandent moins vite. Tu crois que le serveur sent des pieds ?

-         Non. Il a l’air propre sur lui. Et puis dans son métier de la restauration, l’hygiène c’est important.

-         Tout ça ne nous mène pas bien loin pour nous recaser.

-         Oui c’est sûr. Bon il faut que je te laisse parce que j’ai rendez-vous avec mon gérontologue. Je ne t’embrasse pas parce que mon rouge tache.

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jeudi 9 juillet 2009

Les questions de ma voisine

Lors d’un atelier d’écriture, sous l’instigation de l’animateur, ma voisine m’a posé quatre questions. Pas simples.

QUESTION :

Il y trop de voitures en circulation. Comment ferons-nous dans quelque temps pour circuler ?

RÉPONSE :

Il est notoire que le trop de voitures en circulation est principalement constaté dans les villes. Afin de pallier cela, des restrictions de sortie de voitures devront être organisées. Une solution envisagée, particulièrement esthétique, est que chaque constructeur de voiture ne pourra livrer les véhicules que dans sept couleurs disponibles. Chaque semaine, par tirage au sort du ministre de la circulation, un jour sera associé à une couleur. Les véhicules ne pourront circuler que les jours correspondants à leur couleur.

Par ailleurs les transports quotidiens se feront par des véhicules collectifs qui seront associés à chaque voirie. Ainsi chaque rue aura son propre réseau de transport que l’on utilisera à volonté avec paiement d’un abonnement annuel.

QUESTION :

Le père Lustucru à-t-il mangé le chat de la Mère Michèle ?

RÉPONSE :

Si la Mère Michèle était amère d’avoir perdu son chat, c’est le père Lustucru qui lui a répondu : Mais non la Mère Michèle votre chat n’est pas perdu.

Mais le chat n’est pas revenu. Alors le soupçon, puis la rumeur enfla jusqu’à faire dire à certains que le Père Lustucru eut mangé le chat. Aujourd’hui nous pouvons affirmer que non. Cela ne sont que racontars et que jamais au grand jamais ce brave homme ne transforma ce doux animal en civet. Le Père Lustucru est trop bonne pâte pour faire un tel acte, d’ailleurs répréhensible par la loi.

Maintenant les questions se posent sur l’absence prolongée du chat. Est-il parti avec une souris de la ville ou une minette du quartier ? était-il en rupture affective avec la Mère Michèle qui lui aurait donné des croquettes de piètre qualité ?

L’inspecteur Roudoudou poursuit son enquête. Les chiens du quartier ont été interrogés. Mais aucun d’entre eux n’a pu donner d’informations précises, leurs relations avec le dit chat n’étant que trop superficielles.

Dernière minute. Nous apprenons que le chat de la Mère Michèle aurait été repéré dans le refuge de la SPA au sud de la ville. Il aura rejoint là une amie d’enfance incarcérée depuis quelques mois pour vagabondage.

QUESTION :

Pourquoi refuser de regarder sa vieillesse en face et de l’anticiper ?

RÉPONSE :

Pour regarder sa vieillesse en face, il faut un bon miroir. Miroir dis moi que je suis encore jeune ou tout du moins pas trop vieux. Chaque matin je constate que par rapport à la veille, mon image n’a pas trop changée. Il est donc évident que je ne vieilli pas. Hier j’ai rencontré un ancien collègue pas vu depuis vingt ans. Là, c’était indéniable : il avait pris un coup de vieux. Ainsi vieillir c’est prendre un coup, un mauvais coup. Cette idée est choquante.

Mais pour moi qui ne me vois pas vieillir, comment anticiper ma vieillesse ? Comment anticiper un changement que je ne vois pas ? Je ne peux pas ! Je laisse le temps couler comme un sirop moelleux certains jours, acide en d’autres circonstances. Tout cela en laissant cette douce équanimité emplir mon esprit en attendant ce demain qu’il me tarde de découvrir.

QUESTION :

Faut-il arrêter la recherche génétique sur les OGM?

RÉPONSE :

  • *      Peut-on arrêter un train en marche ?

  • *      Peut-on se passer de la nécessité de découvrir, de mieux connaître l’inconnu ?

  • *      Peut-on se passer du plaisir de découvrir, de mieux connaître l’inconnu ?

  • *      Doit-on se contenter de ce que l’on a sans espérer un meilleur ?

  • *      Celui qui portait la pancarte »Non aux OGM » n’a-t-il pas eu ses gènes modifiés par la conjonction de ses gènes parentaux ?

  • *      Ne gardons-nous pas de peurs collectives de l’inconnu ?

  • *      Avons-nous peur des changements ?

  • *      Pourquoi nous refuser une folle espérance ?

  • *      Nous ne sommes pas obligés de faire des imbécilités avec les OGM.

  • *      Si nous n’avons pas confiance envers les autres, admettons-nous que les autres n’aient pas confiance en nous ?

Si demain une fée venait sur terre en nous disant :

- Je vous propose un objet que vous aimerez pour son esthétique, pour son confort et surtout pour son utilité quotidienne. Mais en contrepartie je veux que vous sacrifiiez la vie de 4000 personnes par an en France.

Seriez-vous d’accord pour accepter ce marché ?

Cette fée est en retard, elle vient seulement nous proposer l’invention de l’automobile.

Ne refusons pas les OGM seulement pour le plaisir d’être dans le troupeau de ceux qui disent non.

Posté par PierreDelphin à 18:26 - - Commentaires [2] - Rétroliens [0]


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