samedi 17 octobre 2009

Poème culinaire

Dans sa cuisine madame Charlotte

Ravie d’avoir un tout nouveau mari

Épluchait deux poireaux, trois carottes

En espérant qu’il en serait ravi

.

Ah ! disait-elle dans le siècle où nous sommes,

Il faut savoir se garder un garçon

Moi pour ma part j’aime bien mon homme

Avec ardeur je serai son mitron

.

Alors sa main jamais paresseuse

Allait, venait comme un petit ressort

La soupe serait délicieuse

Elle espérait qu’il l’aimerait bien fort

.

Mais ô malheur, ô fatale disgrâce,

Le couteau glissant lui fit faire un saut

Et la salière dans la soupe se casse

Elle doit récupérer les trois petits morceaux

.

Mais son mari, un homme fort habile

Lui dit ta soupe est légèrement salée

Et sur son visage d’une lèvre docile

La console d’un bien gentil baiser

.

Mesdemoiselles faites comme Charlotte

Et pour toujours retenez la leçon

Pas trop salée, la soupe poireaux-carottes

Rend amoureux les plus jolis garçons

.

.

.

Je cherche un refrain pour en faire une chanson.

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lundi 5 octobre 2009

Mélancolie

Il y a des jours où, quand le jour se lève,

On voudrait rentrer tout au fond d'un rêve

Et puis, soudain, lorsque le clocher sonne,

Il y a des jours où l'on n'est plus personne.

.

Alors, on ferme les yeux un instant.

Quand on les rouvre, tout est comme avant.

Les gens vous voient et leur regard s'étonne.

Il y a des jours où l'on n'est plus personne.

.

Comme au milieu d'un cinéma désert,

On rembobine et tout passe à l'envers

Et quand on pense aux gens qu'on abandonne,

Il y a des jours où l'on n'est plus personne.

.

Ouvrir son cœur à tous les vents qui passent,

Et, qu'un matin, tous les chagrins s'effacent

Pour oublier, dans le bonheur qu'on donne,

Qu'il y a des jours où l'on n'est plus personne,

.

Qu'il y a des jours où, quand le jour se lève,

Ou voudrait rentrer tout au fond des rêves

Et s'endormir lorsque le clocher sonne.

Il y a des jours où l'on n'est plus personne.

..

.

Avec le talent de Yves Duteil

http://blog.yvesduteil.com/blog

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samedi 3 octobre 2009

Hier sera comme demain

L’incertitude se bouscule

Dans l’ennui majuscule.

Hier sera comme demain.

L’absence dans mes mains,

Mes mains qui se tendent

Mes mains qui attendent,

Le geste ébauché

Dans l’uniformité

Du temps immobile

Une vie trop tranquille.

Quand s’effiloche le couple

Le voile tombe en nappes souple

Sur la tendresse qui repose

Quand l’amour prend la pause.

Sans écrire de discours

Qui prendra mon secours ?

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mardi 29 septembre 2009

Le blason

Ayant avec que lui toujours fait bon ménage

J'eusse aimé célébrer sans être inconvenant

Tendre corps féminin ton plus bel apanage

Que tous ceux qui l'ont vu disent hallucinant.

.

C’eût été mon ultime chant, mon chant du cygne

Mon dernier billet doux, mon message d'adieu

Or malheureusement les mots qui le désignent

Le disputent à l'exécrable, à l'odieux.

.

C'est la grande pitié de la langue française

C'est son talon d'Achille et c'est son déshonneur

De n'offrir que des mots entachés de bassesse

A cet incomparable instrument de bonheur.

.

Alors que tant de fleurs ont des noms poétiques

Tendre corps féminin c'est fort malencontreux

Que la fleur la plus douce, la plus érotique

Et la plus enivrante en ait de plus scabreux.

.

Mais le pire de tous est un petit vocable

De trois lettres pas plus, familier, coutumier

Il est inexplicable, il est irrévocable
Honte à celui-là qui l'employa le premier.

.

Honte à celui-là qui par dépit, par gageure

Dota de même terme en son fiel venimeux

Ce grand ami de l'homme et la cinglante injure

Celui-là c'est probable en était un fameux.

.

Misogyne à coup sûr asexué sans doute

Aux charmes de Vénus absolument rétif

Était ce bougre qui toute honte bue toute

Fit ce rapprochement d'ailleurs intempestif.

.

La malepeste soit de cette homonymie

C'est injuste madame et c'est désobligeant

Que ce morceau de roi de votre anatomie

Porte le même nom qu'une foule de gens.

.

Fasse le ciel qu'un jour, dans un trait de génie

Un poète inspiré que Pégase soutient

Donne en effaçant d'un coup des siècles d'avanie

A cette vraie merveille un joli nom chrétien.

.

En attendant madame il semblerait dommage

Et vos adorateurs, en seraient tous peinés

D'aller perdre de vue que pour lui rendre hommage

Il est d'autre moyen et que je les connais

Et que je les connais.

En affectueuse mémoire de Georges Brassens,

qui a trop vite posé sa plume. 

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lundi 21 septembre 2009

Quand le temps passe

Quand le temps passe,

Quand les ardeurs s’apaisent,

Quand le soleil de l’amour décline,

.

Il reste la tendresse.

Il reste l’amour pur.

Il reste la douceur.

.

La plume d’un regard qui sur un œil sourit,

La plume d’un doigt qui sur un sein caresse,

La plume d’une bouche qui sur un cou console,

.

Encore la chaleur d’une main.

Encore la douceur d’une parole.

Encore l’effusion de deux corps.

.

Pour se préparer une tendre éternité.

.

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samedi 19 septembre 2009

J’ai peur de . . . . .

*      De ma souffrance.

*      De la souffrance des autres

*      D’être mal compris.

*      De la fin de vie.

*      De manquer d’argent.

*      De la dépendance.

*      De la méchanceté.

*      De la bêtise.

*      De ne pas être aimé.

*      De vivre demain.

*      D’avoir peur.

*      De mes doutes.

*      D’avoir faim.

*      D’avoir soif.

*      Que personne ne me donne sa main.

*      Que personne ne prennent ma main.

*      Que personne ne me regarde.

*      Que personne ne m’écoute.

*      Que personne ne me dise je t’aime.

Mais je n’ai pas peur que la mort vienne demain.

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mardi 15 septembre 2009

Attentes post mortem

Il a attendu toute sa vie,

Un mot, une phrase

Pour une emphase

Il a attendu toute sa vie,

Un clin d’œil, un regard

Pour un espoir

Il a attendu toute sa vie,

Un geste, une caresse

Pour une ivresse

Il a attendu toute sa vie,

Un baiser sur les lèvres

Pour une fièvre

Il a attendu toute sa vie,

Une main qui se tend

Pour un long temps

Il a attendu toute sa vie,

Le bouquet de lys

Pour un délice.

Il a attendu toute sa vie,

Mais la camarde est là.

De sa lame filante

Elle tranche, mutilante,

Les espoirs inaperçus

Pour toujours déçus.

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dimanche 6 septembre 2009

Je te voudrais

Je te voudrais aimante

Celle que le sourire enchante.

...

Je te voudrais femme

Celle que le sourire enflamme.

Je te voudrais belle

Celle que le sourire émerveille.

..

Je te voudrais câline

Celle que le sourire embobeline.

...

Je te voudrais présente

Celle que le sourire enchante.

Je te voudrais libre

Celle que le sourire enivre.

...

Je te voudrais comme ci.

Je te voudrais comme ça.

Je te voudrais comme tu es.

Et toi, comment me veux-tu ?

..

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vendredi 4 septembre 2009

Le fidèle absolu

Le seul arbre qu'il connaissait 

Sous sa fenêtre florissait. 

C'était le rustique absolu, 

L'homme d'un seul jardin, pas plus. 

.

Et les globe-trotters, 

Et les explorateurs, 

Coureurs de forêts vierges, 

Regardaient, étonnés, 

Ce bonhomme enchaîné 

À sa tige d'asperge.

.

Bonhomme sais-tu pas 

Qu'il existe là-bas 

Des forêts luxuriantes, 

Des forêts de Bondy, 

Des forêts de Gasti- 

Ne et de Brocéliande ?

.

Et l'homme répondit : 

"Je le sais bien, pardi, 

Mais le diable m'emporte 

Si je m'en vais chercher 

Au diable ce que j'ai 

Juste devant ma porte."

.

Je n'ai vu qu'un seul arbre, un seul, mais je l'ai vu, 

Et je connais par cœur sa ramure touffue, 

Et ce tout petit bout de branche me suffit : 

Pour connaître une feuille, il faut toute une vie. 

Si l'envie vous prenait de vous pendre haut et court, 

Soyez gentil, ne vous pendez pas à mon arbre !

.

Il n'avait jamais voyagé 

Plus loin que l'ombre du clocher. 

C'était l'autochtone absolu, 

L'homme d'un seul pays, pas plus.

.

Et les globe-trotters, 

Et les explorateurs, 

Tous les gens du voyage, 

Regardaient étonnés 

Cet être cantonné 

Dans son petit village.

.

Bonhomme sais-tu pas 

Qu'il existe là-bas, 

Derrière tes montagnes, 

Des pays merveilleux, 

Des pays de cocagne ?

.

Et l'homme répondit : 

"Je le sais bien, pardi, 

Mais le diable m'emporte 

Si je m'en vais chercher 

Au diable ce que j'ai 

Juste devant ma porte."

.

Je n'ai vu qu'un village, un seul, mais je l'ai vu, 

Et ses quatre maisons ont su combler ma vue, 

Et ce tout petit bout de monde me suffit : 

Pour connaître une rue, il faut toute une vie. 

Si l'envie vous prenait de tirer le canon, 

Soyez gentil, ne tirez pas sur mon village.

.

Il n'avait jamais embrassé 

Personne que sa fiancée. 

C'était le fidèle absolu, 

L'homme d'un seul amour, pas plus.

.

Et les globe-trotters, 

Et les explorateurs, 

Friands de bagatelle, 

Regardaient étonnés 

Ce bonhomme enchaîné 

À son bout de dentelle.

.

Bonhomme sais-tu pas 

Qu'il existe là-bas 

Les beautés par séquelles, 

Et qu'on peut sans ennui 

Connaître mille nuits 

De noces avec elles ?

.

Et l'homme répondit : 

"Je le sais bien, pardi, 

Mais le diable m'emporte 

Si je m'en vais chercher 

Loin d'ici ce que j'ai 

Juste devant ma porte."

.

Je n'ai vu qu'un amour, un seul, mais je l'ai vu, 

Et ce grain de beauté a su combler ma vue, 

Et ce tout petit bout de Vénus me suffit : 

Pour connaître une femme, il faut toute une vie.

.

Si l'envie vous prenait de courir les jupons, 

Soyez gentil, ne courez pas après ma belle.

.

Georges Brassens

.

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mercredi 2 septembre 2009

Journée en couleur

Aujourd'hui j'ai eu du bleu

J'ai fait la sieste dans l'herbe et j'ai regardé le ciel

Aujourd'hui j'ai eu du vert

Mes fesses, mon dos, ma tête étalés sur le gazon

Aujourd'hui j'ai eu du rouge

Avec mes prunes j'ai fait la confiture

Aujourd'hui j'ai eu du jaune

Le tournesol m’a donné un peu d’ombre

..

Le gris le noir, je n’en ai pas besoin....

.

Écrit à l’attention d’Isabelle en commentaire de l’un de ses merveilleux textes.

Allez visiter son blog > > >

http://charivarii.canalblog.com/ 

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