<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?><rss version="2.0" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"><channel><title>L&apos;&#xe9;critoire du baladin</title><link>http://www.epistole.fr/</link><description>&#xe9;crire pour partager le plaisir d&apos;un mot, d&apos;une phrase, d&apos;une id&#xe9;e.</description><language>fr</language><lastBuildDate>Sun, 27 May 2012 03:17:12 GMT</lastBuildDate><generator>CanalBlog - http://www.canalblog.com</generator><item><title>&#xc9;vaporation</title><dc:creator>PierreDelphin</dc:creator><link>http://www.epistole.fr/archives/2012/05/09/24224888.html</link><category>Paul</category><comments>http://www.epistole.fr/archives/2012/05/09/24224888.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://www.epistole.fr/feeds/rss/comments/post/24224888/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://www.epistole.fr/archives/2012/05/09/24224888.html</guid><description>&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lumi&#xe8;re du jour passe timidement entre les volets mi-clos de la chambre. Paul est allong&#xe9; sur le lit pos&#xe9; sur son dos douloureux. Ses yeux sont presque ferm&#xe9;s dans cette p&#xe9;riode de semi sommeil o&#xf9; les r&#xea;ves deviennent pens&#xe9;es, o&#xf9; les pens&#xe9;es deviennent projets pour meubler le temps et l’espace de cette journ&#xe9;e. Mais cette journ&#xe9;e qu’il anticipe sera sans grande imagination, pareille &#xe0; celle d’hier, pr&#xe9;lude &#xe0; l’identique du lendemain. Lorsqu’il l&#xe8;ve son corps pour lui redonner lentement une position verticale, chaque articulation lui rappelle son &#xe2;ge et que l’arthrose continue son œuvre destructrice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il grimace, cherche des pens&#xe9;es positives pour rel&#xe9;guer ses douleurs au second plan. Strat&#xe9;gie d’&#xe9;vitement, d’oubli de soi-m&#xea;me. En automate, ses pieds glissent dans ses charentaises bordeaux. Il pense &#xe0; Fran&#xe7;ois qui les lui a offerts en cadeau pour son anniversaire au mois d’ao&#xfb;t. Il avait joint un mot&amp;nbsp;: &#xab;&amp;nbsp;Cher Papa, que cela tienne chaud &#xe0; tes pieds pour r&#xe9;chauffer ton cœur&amp;nbsp;&#xbb;. Charles avait envoy&#xe9; un foulard, lui aussi, voulait lui donner de la chaleur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seul, accoud&#xe9; sur la table de cuisine de B&#xe9;atrice, sa tasse de th&#xe9; rouge fume, encore trop chaud. Il regarde le breuvage qu’un nuage de lait a transform&#xe9; la surface en teinte sensorielle de peau bronz&#xe9;e. Un yaourt, une pomme compl&#xe8;tent sa collation matinale. Une revue est l&#xe0; pos&#xe9;e sur la table, &#xe0; port&#xe9;e de sa main, il l’ignore. Ses pens&#xe9;es flottent pendant que son esprit poursuit sa phase d’&#xe9;veil. D&#xe9;j&#xe0; plus de vingt ans qu’il est l&#xe0; dans cette r&#xe9;gion nantaise, qu’il est venu ici rejoindre cette femme, amour de son enfance. Amour qu’il avait longtemps consid&#xe9;r&#xe9; comme perdu. Vingt ans de bonheur, et puis… il regarde les murs de la maison de B&#xe9;atrice, il regarde le d&#xe9;cor qu’elle a voulu, qu’elle a compos&#xe9;. Mais B&#xe9;atrice n’est plus l&#xe0;. Plus l&#xe0;, mais tellement pr&#xe9;sente. B&#xe9;atrice s’est &#xe9;chapp&#xe9;e, son esprit s’est &#xe9;chapp&#xe9; pour un autre monde, un monde d’une autre sensibilit&#xe9;. Cette maladie d’Alzheimer est venue, insidieuse il y a un peu plus d’un an. D’abord des oublis, des &#xe9;tourderies. Ils ont ri de tout cela. Puis elle s’est &#xe9;gar&#xe9;e dans Nantes, oubli de son nom, oubli de l’adresse&amp;nbsp;; des gendarmes courtois et attentionn&#xe9;s l’ont reconduite &#xe0; la maison. Paul a tout de suite compris. Sur le lit, il a allong&#xe9; B&#xe9;atrice, s’est allong&#xe9; contre elle en silence et l’a serr&#xe9;e fort dans ses bras. Ils n’ont pas boug&#xe9;, ils se sont endormis. Le lendemain matin, Paul a vu sur l’horloge du temps, qu’une nouvelle tranche de vie commen&#xe7;ait. La derni&#xe8;re&amp;nbsp;? Le m&#xe9;decin, le neurologue, tout s’est encha&#xee;n&#xe9; tr&#xe8;s vite, trop vite. Ses gar&#xe7;ons sont venus, ils lui ont expliqu&#xe9; la nature de la maladie, lui ont apport&#xe9; leur soutien, leur compr&#xe9;hension, puis sont repartis retrouver leur vie, ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il finit la derni&#xe8;re goutte de sa tasse qu’il pose devant lui, doucement comme pour ne pas faire de bruit dans cette maison vide. Il ne bouge pas encore, il pense &#xe0; sa visite qu’il fera cet apr&#xe8;s-midi, comme tous les jours, comme tous les apr&#xe8;s-midi. Il pense &#xe0; tous ces petits travaux &#xe0; faire pour g&#xe9;rer la maison qu’il habite depuis vingt ans et qu’il a toujours appel&#xe9; la maison de B&#xe9;atrice. Il s’y sent bien, mais comme un invit&#xe9; privil&#xe9;gi&#xe9;. Il est des endroits dans la maison que Paul ne conna&#xee;t toujours pas, consid&#xe9;rant ces lieux comme des espaces personnels de B&#xe9;atrice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quatorze heures sonnent au carillon dans l’entr&#xe9;e quand il quitte la maison apr&#xe8;s avoir pris un peu de repos dans le gros fauteuil. Son repas a &#xe9;t&#xe9; l&#xe9;ger, il n’a plus d’app&#xe9;tit, il perd du poids et le temps est loin o&#xf9; il &#xe9;tait oblig&#xe9; d’aller passer quelques semaines en Savoie pour retrouver une taille normale. Pendant son temps de repos, il a pu &#xe9;couter battre son cœur qui cognait un peu fort dans sa poitrine. Il s’est souvenu de ce jour, il y a quatre ans, peut-&#xea;tre cinq o&#xf9; une douleur vive s’&#xe9;tait install&#xe9;e dans sa poitrine. Perte de rep&#xe8;res, grimace. Il s’est effondr&#xe9; dans le fauteuil et B&#xe9;atrice ne s’est affol&#xe9; que quelques minutes, son r&#xe9;alisme a vite repris le dessus en comprenant la situation. Appel des services m&#xe9;dicaux d’urgence, tentative de massage cardiaque, arriv&#xe9;e des hommes en blanc. Transfert &#xe0; l’h&#xf4;pital, sir&#xe8;nes hurlantes. Ce bruit est encore grav&#xe9; dans la m&#xe9;moire de son oreille. Mi-do-mi. L’h&#xf4;pital, urgences, salle d’op&#xe9;ration, le trou noir. Il lui a fallu plusieurs mois pour retrouver une activit&#xe9; de vie normale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec un voyage organis&#xe9;, ils sont partis quelques jours pour visiter Bruges afin de f&#xea;ter le retour &#xe0; cette vie qu’ils ont su reconstruire. Ils ont aim&#xe9; la forte architecture flamande de la Grande Place, si riche, si imposante symbole du pouvoir de l’argent qui s’expose. Puis tranquillement balade en cal&#xe8;che ou sur les canaux de cette Venise septentrionale. Promenade de vieux amoureux qui, main dans la main, d&#xe9;couvrent les yeux grands ouverts pour laisser leurs cœurs se p&#xe9;n&#xe9;trer de nouvelles &#xe9;motions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ses genoux grincent lorsqu’il se l&#xe8;ve du fauteuil. Il se chausse confortablement, enfile sa veste chaude parce que le froid humide est arriv&#xe9; sur la r&#xe9;gion. Il revient sur ses pas pour prendre l’&#xe9;charpe offerte par Charles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il arrive &#xe0; la station de bus en m&#xea;me temps que le v&#xe9;hicule bleu et blanc. Il monte, reconna&#xee;t le chauffeur, un sourire, signature d’humanit&#xe9;. Il regarde ce paysage urbain, note les d&#xe9;tails de changement, insignifiants parfois. &#xc0; l’arr&#xea;t, les freins sont bruyants, une jeune femme se recule pour le laisser passer. O&#xf9; est le temps o&#xf9; c’&#xe9;tait lui qui s’effa&#xe7;ait pour laisser passer une dame, rituel de courtoisie galante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il se dirige en marchant d’un pas lent vers l’&#xe9;tablissement qui abrite aujourd’hui B&#xe9;atrice. Maison sp&#xe9;cialis&#xe9;e pour personnes d&#xe9;pendantes. Cette maison s’appelle&amp;nbsp;: &#xab;&amp;nbsp;Les Pivoles &#xbb; ancien nom des plantations de peupliers qui occupaient les lieux. D&#xe8;s son entr&#xe9;e, il tombe dans le rite des visites quotidiennes. Il tire la grande poign&#xe9;e de la double porte, salue les personnes se trouvant dans le hall par un sonore&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Bonjour, Mesdames !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les visages se tournent, airs &#xe9;gar&#xe9;s, &#xe9;tonn&#xe9;s, un borborygme fait office de r&#xe9;ponse. Elles sont l&#xe0; en attente de qui, de quoi&amp;nbsp;? Peut-&#xea;tre de rien. Elles attendent pour beaucoup le visiteur qui ne viendra pas. Il a appris &#xe0; sourire &#xe0; ces visages perdus, et il sait que son sourire p&#xe9;n&#xe8;tre &#xe0; l’int&#xe9;rieur des zones sensibles des personnes &#xe0; qui il est destin&#xe9;. Plus loin dans la salle commune, il va vers madame Andr&#xe9;e. Elle ne l’a pas vu arriver, il pose ses mains sur les &#xe9;paules, regarde les boucles blanches. Elle tourne la t&#xea;te en souriant, elle a reconnu le contact des mains. La droite glisse sur le bras un mouvement de caresse. Elle est &#xe9;mue par le geste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ascenseur, deuxi&#xe8;me &#xe9;tage, chambre 221. Devant la porte, il frappe. Il ne s’est jamais permis d’entrer dans la chambre de B&#xe9;atrice sans frapper. Comme d’habitude son cœur s’agite en tirant sur la large porte. Comme d’habitude, elle est l&#xe0;, comme hier, comme les autres jours. Assise dans sa chaise roulante, face &#xe0; la fen&#xea;tre, devant le m&#xea;me paysage qui &#xe9;volue au fil des saisons. Avec la fra&#xee;cheur, les arbres se sont effeuill&#xe9;s, lib&#xe9;rant un autre point de vue. B&#xe9;atrice n’a pas boug&#xe9; &#xe0; son entr&#xe9;e. Il la regarde comme une photographie statique. Ses bras sont pos&#xe9;s sur le c&#xf4;t&#xe9; du fauteuil. Il ralentit son pas, regarde encore, avance, tend la main. Ses doigts se posent &#xe0; la base du cou, trouvent la peau douce, caressent doucement. Ils connaissent par cœur cette parcelle de peau, cette caresse qu’il lui a si souvent offerte dans leurs moments d’intimit&#xe9;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n’est pas s&#xfb;r, on n’est jamais s&#xfb;r avec cette maladie, mais il per&#xe7;oit qu’elle ressent cette caresse, qu’elle se souvient de cette caresse. Paul imagine que les perceptions de B&#xe9;atrice n’ont pas chang&#xe9;, seulement elle ne peut plus communiquer son plaisir de les recevoir. Complexit&#xe9; de cette maladie et plus encore, complexit&#xe9; de la compr&#xe9;hension de cette maladie. Doucement il l’embrasse, le front, les joues, les mains. Il surveille dans ses yeux ce petit rien, un mouvement, un &#xe9;clat qui va accuser r&#xe9;ception de son geste. Il croit voir un &#xe9;clat dans sa pupille, une l&#xe9;g&#xe8;re crispation de sa main. Il est certain de ce regard, il est certain du mouvement. Ces certitudes lui appartiennent, lui font du bien. Petits bonheurs fabriqu&#xe9;s, illusions accept&#xe9;es, entretenues, il commence alors &#xe0; lui parler, doucement, petites confidences amoureuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- B&#xe9;atrice, tu es belle, tu es toujours tr&#xe8;s belle…&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- B&#xe9;atrice, je t’aime, quelle que soit la situation de ta sant&#xe9;, je t’aime…&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- B&#xe9;atrice, tu m’as fait vivre des ann&#xe9;es de bonheur, nous avons partag&#xe9; des moments merveilleux, je suis toujours avec toi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Je t’aime, je t’aime…&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des perles humides amplifient le brillant de son regard. Ce regard de vieil homme toujours amoureux. Assis &#xe0; c&#xf4;t&#xe9; d’elle il reste maintenant en silence, communion passive de tendresse. Sa main est dans la sienne, calmement, passivement. Il laisse son cœur reprendre un rythme normal. Il ressent juste une col&#xe8;re profonde lov&#xe9;e en lui, col&#xe8;re sourde, sans destinataire. Pourquoi cette maladie&amp;nbsp;? Pourquoi &#xe0; elle&amp;nbsp;? Pourquoi &#xe0; eux&amp;nbsp;? Valse infernale des pourquoi, son ath&#xe9;isme ne lui permet m&#xea;me pas d’invoquer la volont&#xe9; d’un cr&#xe9;ateur universel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paul caresse la main, le bras de B&#xe9;atrice, sans autre pens&#xe9;e que celle de vouloir lui apporter un moment de douceur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- C’est tr&#xe8;s important le contact tactile, les caresses chez les personnes souffrant de cette maladie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C’est la psychologue attach&#xe9;e &#xe0; l’&#xe9;tablissement qui lui avait dit cela un jour de bavardage. De cette personne, il aimait le langage pr&#xe9;cis de femme cultiv&#xe9;e. Langage soutenu qui cherche &#xe0; apporter de la simplicit&#xe9; dans le regard que l’on porte sur la maladie ou sur les malades. Il aime sa pr&#xe9;sence forte, la croyance qu’elle porte aux domaines de sa comp&#xe9;tence. Il aime son regard aux petits yeux dont les p&#xe9;tillances oscillent entre r&#xe9;flexion et rires. Il aime son visage fin taill&#xe9; en douceur et sa bouche toujours pr&#xea;te &#xe0; laisser &#xe9;chapper un rire ou un sourire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mains de Paul passent et repassent sur cette peau qui se parchemine, fine &#xe0; l’extr&#xea;me par l’usure du temps. Parfois, la t&#xea;te de B&#xe9;atrice tourne, laisse &#xe9;chapper un r&#xe2;le, puis elle retombe sur sa poitrine comme &#xe9;puis&#xe9;e par l’effort. Paul enregistre ces mouvements, ces bruits comme des signes de communication. Il y croit, qu’importe la r&#xe9;alit&#xe9;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux petits coups sur la porte qui s’ouvre, une blouse vert clair appara&#xee;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Bonjour Monsieur Paul, comment allez-vous&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Bonjour Corinne, je vais bien, enfin j’essaie&amp;nbsp;! Et vous-m&#xea;me, toujours fid&#xe8;le &#xe0; la maison&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Toujours, vous savez comme j’aime ce que je fais ici. Toutes les r&#xe9;sidentes sont mes amies&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Vous dites toutes, il n’y a pas d’hommes&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Seulement deux, nous avons surtout des femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Est-ce une maladie typiquement f&#xe9;minine&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Non pas vraiment, mais comme c’est une maladie du grand &#xe2;ge, la diff&#xe9;rence entre hommes et femmes se fait sentir. Les hommes sans doute, meurent avant que la maladie s’&#xe9;tablisse. Quoique Madame B&#xe9;atrice est la plus jeune de nos r&#xe9;sidentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Oui, elle est trop jeune pour &#xea;tre l&#xe0;, mais… Comment la trouvez-vous en ce moment&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Bien, enfin pas plus mal que ces derniers temps. Elle est toujours calme, douce. Sans doute des qualit&#xe9;s qu’elle poss&#xe9;dait d&#xe9;j&#xe0; avant de venir nous rejoindre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Oui, une femme pleine de gentillesse, tr&#xe8;s douce, tant dans ses gestes que dans ses paroles. Regardez la douceur de sa peau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- J’aime vous voir ensemble, vous &#xea;tes un beau couple, un vrai couple. Vous &#xea;tes mari&#xe9;s depuis longtemps&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Nous ne sommes pas mari&#xe9;s, seulement amis, seulement amants. B&#xe9;atrice est une amie d’enfance et de jeunesse, puis nous nous sommes perdu de vue et retrouv&#xe9;s, il y a vingt ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Quelle belle histoire&amp;nbsp;! Tenez, voulez-vous l’aider &#xe0; manger cette cr&#xe8;me et boire un peu&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Oui, je vais m’occuper de cela. Oui, nous avons eu une belle histoire, souvent complexe, un peu courte mais si dense. Faites-moi passer sa serviette s’il vous pla&#xee;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Voil&#xe0;, je vous laisse tous les deux, je repasserai dans un moment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paul se retrouve dans ce t&#xea;te &#xe0; t&#xea;te particulier o&#xf9; il porte la nourriture &#xe0; la bouche de B&#xe9;atrice. D’une B&#xe9;atrice indolente, absente. Les mouvements de d&#xe9;glutition n’&#xe9;tant g&#xe9;r&#xe9;s que par les automatismes de son cerveau reptilien. Il redoute et il aime ce moment intime o&#xf9; il se souvient d’autres moments de leur intimit&#xe9;. Avec d&#xe9;licatesse, avec pr&#xe9;caution pour ne pas heurter, il porte doucement les cuillers &#xe0; la bouche qui s’entrouvre &#xe0; peine. Il aide le passage de l’aliment, il lui parle. Il lui parle de leur histoire, lui raconte des moments particuliers, lui dit des&amp;nbsp;: &#xab;&amp;nbsp;Te souviens-tu du jour o&#xf9;…&amp;nbsp;&#xbb;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les jours il a ce type de dialogue unilat&#xe9;ral o&#xf9; les mots accompagnent les mots, o&#xf9; il essaie de la rassurer en se rassurant lui-m&#xea;me. Il la regarde comme il regardait la petite fille chez Charles et Albertine. Il regarde la jeune fille qu’il a aim&#xe9;e. Il regarde la femme qu’il a retrouv&#xe9;e. Dans ce visage devant lui, ce sont des visages multiples qui s’&#xe9;clairent aux lueurs des rythmes d’une vie. Puis le film s’arr&#xea;te et il n’a plus devant lui qu’un visage de B&#xe9;atrice au pr&#xe9;sent. Visage vide, presque insensible ou d’une sensibilit&#xe9; inatteignable. Alors sa tristesse se fait lourde. Il la regarde intens&#xe9;ment, il regarde cette vie qui s’&#xe9;chappe de ce corps de femme, de cette femme qu’il a aim&#xe9;e, de cette femme qu’il aime toujours. Intens&#xe9;ment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le temps a pass&#xe9;, comme chaque jour, il quitte discr&#xe8;tement les Pivoles en &#xe9;vitant les rencontres, en &#xe9;vitant les regards, en &#xe9;vitant les questions&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Alors, comment &#xe7;a va aujourd’hui&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que r&#xe9;pondre &#xe0; cette question&amp;nbsp;? Paul sait parler de ses joies, il sait mal &#xe9;voquer ses tristesses. Souvent dans sa vie, il a donn&#xe9; le change en faisant des traits d’humour pour se d&#xe9;river de ses &#xe9;vocations. Dans le bus du retour, il sent son esprit chaotique, les id&#xe9;es s’entrechoquent comme des billes dans une bo&#xee;te trop large.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ses &#xe9;paules sont basses lorsqu’il marche sur le trottoir pour rejoindre la maison de B&#xe9;atrice. Il a fait quelques courses chez un petit commer&#xe7;ant du quartier. Comme &#xe0; chaque visite, le commer&#xe7;ant lui fait un large sourire en forme de gratification. Dans la maison, il se pose comme une masse inerte dans le grand fauteuil. Comme tous les soirs, il est triste, profond&#xe9;ment triste, ses &#xe9;paules, ses hanches deviennent lourdes. Il sent que l’&#xe9;puisement le gagne. Il somnole un instant, il se sent inutile. Ce mot flotte dans sa t&#xea;te, m&#xea;me s’il est contradictoire avec ce qu’il fait pour B&#xe9;atrice chaque jour. Il se rel&#xe8;ve en secouant sa t&#xea;te, se sert un verre de Muscadet et met le concerto pour violon de Mendelssohn dans le lecteur de disque. Il s’assied de nouveau, d&#xe9;guste ce vin qu’il aime avec les harmonies vibrantes du violon. Une vie se r&#xe9;installe dans son espace pour un instant, juste un instant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ses pens&#xe9;es s’&#xe9;garent vers des chemins o&#xf9; il ne veut pas aller. Cette r&#xe9;flexion sans fin qu’il a eu souvent au cours de sa vie, cette r&#xe9;flexion sur l’au-del&#xe0;. Il per&#xe7;oit que tous les points de vue qu’il a pu &#xe9;mettre, parfois avec force, sont en train de s’&#xe9;mietter comme une citadelle de mots qui s’&#xe9;rode aux vents de la r&#xe9;alit&#xe9; trop pr&#xe9;sente. Cette r&#xe9;alit&#xe9; de son quotidien, &#xe0; laquelle il faut faire face, pas par courage, mais parce qu’il n’a pas le choix. Alors, il se force &#xe0; donner l’impression d’&#xea;tre courageux, mais il n’est pas dupe de lui-m&#xea;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que reste-t-il de B&#xe9;atrice&amp;nbsp;? Une femme qu’il regarde, encore belle, toujours belle, image m&#xe9;lang&#xe9;e de la femme qu’il voit et des images de sa m&#xe9;moire. Aujourd’hui cette femme automate le regarde avec ses yeux b&#xe9;ats. Elle sourit parfois sans savoir &#xe0; qui ni &#xe0; quoi. Lui il est l&#xe0;, fatigu&#xe9;, fatigu&#xe9; de savoir que demain, il ira voir B&#xe9;atrice, qu’apr&#xe8;s demain, il ira voir B&#xe9;atrice et les jours suivants aussi. Il aime toujours B&#xe9;atrice, sinc&#xe8;rement, mais il sent aussi cela comme un devoir, comme une charge, comme un poids. Alors ce soir il ose formuler sa pens&#xe9;e. Il voudrait que cela finisse, il voudrait que la vie de B&#xe9;atrice finisse. Il n’y a plus de bonheur dans ses yeux, il n’y a plus d’espoir d’am&#xe9;lioration lui a dit le m&#xe9;decin. &#xc0; quoi bon vivre quand la vie de l’esprit n’est plus, quand il n’y a plus de possibilit&#xe9; de partage. Il voudrait qu’elle s’&#xe9;teigne comme cette chandelle dont la m&#xe8;che devient trop courte. Un mot fin qui s’&#xe9;crirait en lettres minuscules.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il se ressaisit, il a honte de sa pens&#xe9;e, se souvient d’un d&#xe9;bat contradictoire comme les cha&#xee;nes de t&#xe9;l&#xe9;vision savent bien offrir. Il se souvient de sa pens&#xe9;e &#xe0; ce moment-l&#xe0;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Comme c’est facile de parler de tout cela confortablement assis dans un fauteuil en ayant la certitude que tout le monde va bien dans sa famille. Facile de r&#xe9;fl&#xe9;chir pour les autres. Cette pens&#xe9;e tourne dans sa t&#xea;te, elle reste pr&#xe9;sente, sans violence. Il r&#xe9;fute toute id&#xe9;e d’euthanasie. Paul ne veut pas de cela. Mais il sait aussi que, dans ces circonstances, toute mort est lib&#xe9;ratoire. Pour la personne qui souffre comme pour celle qui est &#xe0; ses c&#xf4;t&#xe9;s pour l’accompagner dans ce passage. Il sait tr&#xe8;s bien combien cette pens&#xe9;e peut-&#xea;tre choquante, en particulier pour ceux qui ne sont pas dans la situation o&#xf9; il est.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Encore un instant, il pense &#xe0; ceux qui croient en Dieu. Il voudrait comme eux pouvoir le prier. Le prier d’arr&#xea;ter cet &#xe9;tat de B&#xe9;atrice, de la prendre, de la reprendre et de garder soigneusement son &#xe2;me. Il voudrait prier comme un geste de dernier recours. Mais…&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;right&quot;&gt;&lt;em&gt;- M&#xea;me les plus jolies fleurs se fanent un jour–&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;right&quot;&gt;&lt;em&gt;&#xa9; Pierre Delphin – mai 2012&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;right&quot;&gt;&lt;em&gt;&amp;nbsp;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Wed, 09 May 2012 19:41:49 GMT</pubDate></item><item><title>Les roses fleurissent aussi en automne</title><dc:creator>PierreDelphin</dc:creator><link>http://www.epistole.fr/archives/2012/04/26/24110550.html</link><category>Contes</category><comments>http://www.epistole.fr/archives/2012/04/26/24110550.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://www.epistole.fr/feeds/rss/comments/post/24110550/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://www.epistole.fr/archives/2012/04/26/24110550.html</guid><description>&lt;p align=&quot;center&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #008000;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Lundi matin&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #808080;&quot;&gt;&lt;em&gt;Dans un petit bistrot, &#xab;&amp;nbsp;L’Estaminet&amp;nbsp;&#xbb;, rue du Dauphin &#xe0; Lyon. Tables de marbre blanc, simples. &#xc9;mile le barman va d’un client &#xe0; l’autre, attentif. La radio, en sourdine, diffuse des chansonnettes anciennes. Yves Duteil chante &#xab;&amp;nbsp;M&#xe9;lancolie&amp;nbsp;&#xbb;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Lui&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le coin de sa table us&#xe9;e par le temps, son double caf&#xe9; fume. Il r&#xea;ve en &#xe9;crivant quelques mots sur son carnet en moleskine noire. Un d&#xe9;but de po&#xe8;me flotte sous sa plume&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Quand dans mes bras tu viens&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- L&#xe0; contre moi blottie,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Toi la douce et tendre…&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Il soupire au temps qui passe, il regarde l’horloge au mur, il n’a pas de rendez-vous mais a conscience du temps qui file, inutile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #ff00ff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Elle&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une m&#xe8;che lui tombe sur le front, elle entre dans le bistrot. Au passage du bar, elle commande un caf&#xe9;, un peu allong&#xe9;. Elle pose son sac sur la table &#xe0; c&#xf4;t&#xe9; de lui, s’assoie. Elle tourne les pages d’une revue laiss&#xe9;e l&#xe0;, machinalement, sans lire. Sa t&#xea;te tourne un peu. Son regard se pose, par hasard, sur son voisin, revient &#xe0; la revue. Il ne l’a pas vue. Elle porte la tasse &#xe0; ses l&#xe8;vres, le caf&#xe9; est trop chaud. Attendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Lui&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vibration vient de la table d’&#xe0; c&#xf4;t&#xe9;. Il prend conscience d’une pr&#xe9;sence. Un espace occup&#xe9;. Une odeur douce de fruit. Il tourne &#xe0; peine le regard. Mouvement immobile de la t&#xea;te. Un mot se pose sur son esprit&amp;nbsp;; Elle est attrayante. Pourquoi ce mot, il ne sait pas. Peut-&#xea;tre par son &#xe9;l&#xe9;gance. Celle de ses v&#xea;tements, simples. Aussi celle des gestes qui touchent la revue, de son regard qui oscille dans les h&#xe9;sitations de sa pens&#xe9;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Il vit mal sa solitude, une phrase, banale vient, s’&#xe9;chappe de ses l&#xe8;vres&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Vous aimez le caf&#xe9; du matin&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #ff00ff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Elle&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La surprise fait frissonner son dos. Sa t&#xea;te tourne, son visage reste neutre. Mais ses yeux l’on vu, une vibration sympathique s’installe sur ses tempes. Il est s&#xe9;duisant malgr&#xe9; son &#xe2;ge et ses cheveux blancs. Des sillons sur son visage marquent ses exp&#xe9;riences. Elle ne se sent pas oblig&#xe9;e de r&#xe9;pondre &#xe0; la question, mais une r&#xe9;ponse &#xe9;galement banale arrive port&#xe9;e par un sourire. Sourire calme, simple qui passe sur le visage, son regard et ses l&#xe8;vres en sont le reflet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Oui, il m’aide &#xe0; passer la derni&#xe8;re porte du r&#xe9;veil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Lui&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sa t&#xea;te repose dans sa main, le coude en appui sur la table, manifeste une attention excessive &#xe0; la r&#xe9;ponse. Il entend, il &#xe9;coute, seul son regard r&#xe9;agit, il la regarde. Seul un sourire tendre, un peu fatigu&#xe9; donne de la lumi&#xe8;re &#xe0; son visage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #ff00ff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Elle&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sa phrase a fil&#xe9;, elle le regarde, elle voit ses yeux, au fond, elle aper&#xe7;oit son esprit. Elle y observe une sinc&#xe9;rit&#xe9; forte. Elle regarde ses &#xe9;paules, il est solide et il doit &#xea;tre bon de s’appuyer dessus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle ne parle pas, et dans le silence seuls les regards se parlent, envisagent, projettent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Lui&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ses l&#xe8;vres bougent, leur mouvement, anticipe le son. Un murmure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Je vous attendais, merci d’&#xea;tre venue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #ff00ff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Elle&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais que dites-vous. Je ne suis venue ici que pour prendre un caf&#xe9;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Lui&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non, vous &#xea;tes venue &#xe0; ma rencontre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #ff00ff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Elle&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne nous connaissons pas, nous ne nous sommes jamais rencontr&#xe9;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Lui&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et alors&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #ff00ff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Elle&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais… Excusez-moi, il faut que j’aille &#xe0; mon travail…&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Lui&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, je vous souhaite une belle journ&#xe9;e, &#xe0; demain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #ff00ff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Elle&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#xc0; demain&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Lui&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, &#xe0; demain matin, ici.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #ff00ff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Elle&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous &#xea;tes fou, ce n’est pas possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Lui&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#xc0; demain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #808080;&quot;&gt;&lt;em&gt;Elle passe au bar pour r&#xe9;gler son caf&#xe9;, elle sent le regard sur ses &#xe9;paules et sur ses hanches. Elle passe la porte, seul ses cils font un signe d’au-revoir. Lui se tasse sur la banquette, un sourire simple sur son visage pas m&#xea;me conqu&#xe9;rant.&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #008000;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Mardi matin&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #808080;&quot;&gt;&lt;em&gt;Dans le bistrot, une odeur de propre du matin voisine avec celle des caf&#xe9;. &#xc9;mile le g&#xe9;rant arbore un magnifique tablier noir neuf dont la broderie rouge vante les m&#xe9;rites du beaujolais nouveau. Le ciel au-dessus de la rue &#xe9;troite reste gris, un peu tristounet&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #ff00ff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Elle&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un mouvement de la t&#xea;te pour avoir une vision panoramique du bar, il n’est pas l&#xe0;. La table o&#xf9; l’homme a ses habitudes est inoccup&#xe9;e. Sans r&#xe9;fl&#xe9;chir, elle s’y installe. Elle per&#xe7;oit l&apos;absence comme une tristesse qui l’envahit. Elle se sent stupide, adolescente stupide. Elle si fi&#xe8;re de son ind&#xe9;pendance, de son autonomie. Elle a brusquement le sentiment d’avoir r&#xe9;pondu &#xe0; une convocation, cela n’est pas possible, ce n’est pas vrai, pas elle&amp;nbsp;! Elle est furieuse, elle esp&#xe8;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Lui&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son pas rapide marque le tempo caract&#xe9;ristique d’un r&#xe9;giment qui remonterait la rue. Plusieurs m&#xe8;tres en avance, sa main se tend, s’&#xe9;tend pour attraper la poign&#xe9;e. La porte est pouss&#xe9;e fermement avec douceur. Il la voit, &#xe0; sa propre place, un sourire explose sur son visage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #ff00ff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Elle&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un sourire aquarelle son visage, elle le regarde s’installer &#xe0; la table qu’elle occupait hier. Elle le regarde franchement comme une gageure alors qu’ils n’ont dit aucun mot. Elle regarde, observe ses gestes pour &#xf4;ter sa veste, son &#xe9;charpe, les poser soigneusement sur la pat&#xe8;re, son cartable pos&#xe9; en diagonale sur la table.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Lui&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Grand sourire rieur lorsqu’il s’assoie. Il lance d’une voix forte sa commande&amp;nbsp;: Un grand caf&#xe9; s’il vous plait &#xc9;mile. Il tourne la t&#xea;te et la regarde dans les yeux, cherche le partage de la volont&#xe9; d’&#xea;tre l&#xe0;. Il tend la main pour saisir la main de la table voisine. Cette main se retire. Merci d’&#xea;tre venue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #ff00ff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Elle&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, monsieur, je ne suis pas venue, juste pass&#xe9; par habitude.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Lui&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non, nous avions rendez-vous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #ff00ff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Elle&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Absolument pas&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Lui&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#xfb;r que si&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #ff00ff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Elle&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous alors&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Lui&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donnez-moi votre main s’il vous plait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans attendre de r&#xe9;ponse, il lui prend la main qui n’offre pas de r&#xe9;sistance et qui se fait docile dans le creux de la sienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #ff00ff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Elle&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle ressent prot&#xe9;g&#xe9;e par la douceur, la chaleur du contact. Elle se sent folle. Elle pense &#xe0; ses amis qui seraient &#xe9;tonn&#xe9;s s’ils la voyaient. Elle s’en fout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle le regarde, ses yeux apparaissent fatigu&#xe9;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pardonnez-moi, il ne faut pas…&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Lui&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il serre sa main pour retenir celle qu’il a comme un cadeau. Il ne veut pas qu’elle s’&#xe9;chappe. En la retenant, il veut maintenir l’instant, arr&#xea;ter le temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous n’&#xea;tes pas folle, vous &#xea;tes belle, belle dans l’int&#xe9;rieur de votre &#xea;tre. Je ne vous connais pas, mais je le sens. Je le per&#xe7;ois dans ma certitude.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #ff00ff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Elle&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste dans son silence, attentive, prisonni&#xe8;re consentante. Ses yeux se posent sur les mains. Magma de vie et de sensibilit&#xe9; tactile. Un soupir discret s’&#xe9;chappe de sa gorge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Lui&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Allons marcher.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il r&#xe8;gle le caf&#xe9; en laissant quelques pi&#xe8;ces sur la table. Il lui tend la main.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #ff00ff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Elle&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle le regarde comme effray&#xe9;e, puis son regard s’apaise, elle h&#xe9;site, elle se l&#xe8;ve. Elle voit ses jambes se d&#xe9;plier pour cr&#xe9;er le mouvement, elle est &#xe9;tonn&#xe9;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Lui&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Passe la porte, tend sa main pour accueillir la main fine qui vient &#xe0; sa rencontre. Il sent le regard du barman amus&#xe9;, peut-&#xea;tre envieux. Il serre la main qui se pose dans la sienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;color: #ff00ff;&quot;&gt;Elle&lt;/span&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle ajuste son pas sur le sien, lent, un pas de promenade. Elle sent la main qui se pose sur son &#xe9;paule. Chaleur. Elle sent la main qui la tire, l’attire vers lui, elle accepte le mouvement, sa t&#xea;te chute vers le creux de l’&#xe9;paule, se cale ici, elle est bien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Lui&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son bras maintient le contact, ferme mais sans force, il se tourne, pose un l&#xe9;ger baiser sur le duvet de la joue. Il aper&#xe7;oit juste un coin de l’œil qui brille. Une esquisse de larme&amp;nbsp;? Sa voix se fait basse douce&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- C’est vrai, je t’attendais, je savais que tu viendrais. Je ne savais pas qui tu &#xe9;tais, comment tu &#xe9;tais, mais je t’attendais. Mon cœur, mon esprit, mon corps, tout en moi t’attendait, tu es l&#xe0;, je suis l&#xe0;, nous sommes vivants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #ff00ff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Elle&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a trois nuits, j’ai r&#xea;v&#xe9;. Je ne me souviens que rarement de mes r&#xea;ves. Celui-l&#xe0; si. Je me souviens plus du visage&amp;nbsp;; sans doute le tien. Enfin, peut-&#xea;tre, peu importe. Un homme &#xe9;l&#xe9;gant devait me prendre la main et m’emmener. Tu l’as fait, c’est bien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Lui&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#xc9;l&#xe9;gant, - Merci. Moi aussi j’aime comme tu es. Ton allure. Le choix pr&#xe9;cis de tes v&#xea;tements. J’aime ton visage et dans ton visage, ton regard. Il me donne une &#xe9;motion juv&#xe9;nile. Il y a tant de messages dans ton regard&amp;nbsp;! Tu ne sais pas trahir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #ff00ff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Elle&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais comment peux-tu dire cela&amp;nbsp;! Nous n’avons que quelques minutes en commun, &#xe0; peine une heure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Lui&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faut-il rester une heure devant un tableau de Renoir pour en percevoir la beaut&#xe9;, la douceur, l’humanit&#xe9;&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faut-il rester une heure devant une œuvre de Camille Claudel pour ressentir l’envie de lui prendre la main, de la caresser, de l’aimer&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #ff00ff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Elle&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tu es fou, me comparer aux œuvres de Camille Claudel, de Renoir, c’est de la folie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Lui&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toi aussi tu m’as dit que tu &#xe9;tais folle, cheminons ensemble vers les chemins de la sagesse folle. R&#xea;vons ensemble, mais crois-moi, je suis convaincu de la validit&#xe9; de mes comparaisons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #ff00ff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Elle&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ma t&#xea;te est bien sur ton &#xe9;paule qui est solide. Cela me fait du bien de la poser. H&#xe9;las, j’arrive devant mon bureau, je dois te quitter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Lui&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quittons-nous dans le bonheur, je veux te voir sourire en me quittant. Notre sourire sera le bonheur f&#xe9;brile de l’attente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #ff00ff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Elle&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Merci pour ta main. &#xc0; demain&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Lui&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#xfb;r, &#xe0; demain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #808080;&quot;&gt;&lt;em&gt;Il se penche vers elle et le baiser qu’il pose sur sa joue, glisse sur la commissure des l&#xe8;vres, juste pour conna&#xee;tre le go&#xfb;t de sa bouche.&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #008000;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Mercredi matin&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #ff00ff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Elle&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle tend la main vers la large poign&#xe9;e de la porte du bistrot. Un bras la contourne, une main se pose sur la sienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Je ne t’ai pas entendu, mais j’ai senti ta pr&#xe9;sence. J’ai senti l’&#xe9;nergie que ton corps d&#xe9;gage se confondre avec la mienne. Viens entrons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Lui&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entrons. Je suis heureux que nous soyons ensemble, au m&#xea;me moment &#xe0; notre rendez-vous. Puis-je t’embrasser&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #808080;&quot;&gt;&lt;em&gt;Derri&#xe8;re la porte &#xe0; peine ferm&#xe9;e du bistrot, ils s’enlacent, les bras de l’un serrent le torse de l’autre dans une sym&#xe9;trie parfaite. &#xc9;mile les regarde, amus&#xe9;, &#xe9;mu. Il se jure de mettre, un jour, un panneau sur la porte avec la mention&amp;nbsp;: &#xab;&amp;nbsp;Ici, il y a eu un miracle&amp;nbsp;!&amp;nbsp;&#xbb;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #808080;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Lui&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Viens &#xe0; c&#xf4;t&#xe9; de moi, je veux ressentir ta pr&#xe9;sence. &#xc9;mile, deux th&#xe9;s citron s’il vous plait&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #ff00ff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Elle&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd’hui nous n’avons besoin que d’une seule table. Il fait chaud aupr&#xe8;s de toi. Serre ton bras sur mon &#xe9;paule, prot&#xe8;ge-moi, j’ai peur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Lui&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tu as peur&amp;nbsp;? Quel est ton agresseur, qui t’effraie ainsi&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #ff00ff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Elle&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vie. Pardonne-moi, j’ai de la difficult&#xe9; &#xe0; croire &#xe0; la v&#xe9;rit&#xe9; de ce que nous vivons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Lui&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moi aussi, j’ai cette sensation. Pose ta main sur la mienne. Oui, l&#xe0;, maintenant pince la peau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #ff00ff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Elle&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme &#xe7;a&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Lui&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A&#xef;e&amp;nbsp;! Oui tu existes vraiment. J’existe vraiment, nous existons ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #ff00ff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Elle&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, rassure-toi, nous existons.- Merci &#xc9;mile, votre caf&#xe9; sent bon&amp;nbsp;! – On trinque&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme lui, elle l&#xe8;ve sa tasse, un petit choc qui tinte comme deux coupes de champagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu’est-ce qui est en train de na&#xee;tre&amp;nbsp;? &#xc0; quoi trinquons-nous&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Lui&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#xc0; l’amour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #ff00ff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Elle&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chut&amp;nbsp;! N’emploie pas ce mot l&#xe0;, c’est trop t&#xf4;t&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Lui&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D’accord, j’attendrai demain&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #808080;&quot;&gt;&lt;em&gt;&#xc9;clat de rire r&#xe9;ciproque pendant qu’ils avalent la premi&#xe8;re gorg&#xe9;e de th&#xe9;. Derri&#xe8;re, le bruit des rires, un silence tendre s’installe. &#xc9;mile, &#xe9;coute discr&#xe8;tement avec eux ce silence. Fier que son petit bistrot soit un &#xe9;crin pour ces amoureux de la vie.&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Lui&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je voudrai savoir…&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #ff00ff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Elle&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que veux-tu savoir…&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Lui&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J’h&#xe9;site, je ne voudrai pas… Je ne voudrai pas &#xea;tre indiscret…&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #ff00ff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Elle&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tu sais, je suis capable de ne pas r&#xe9;pondre. Tu veux savoir qui je suis, ce que je suis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Lui&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #ff00ff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Elle&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moi aussi, j’ai besoin de savoir, de connaitre qui tu es. Mais toi aussi tu peux avoir ton jardin bien &#xe0; toi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #808080;&quot;&gt;&lt;em&gt;Pendant un moment, les mots passent, s’&#xe9;changent, se pr&#xe9;cisent, se v&#xe9;rifient. Ils arrivent seuls ou par saccades. Ils sont l&#xe9;gers ou lourds, ils se posent, ils volent. Ils sont affirmatifs, interrogatifs, jamais n&#xe9;gatifs. Ils font rire ou ils font perler une larme d’&#xe9;motion. Ils sont riches.&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #808080;&quot;&gt;&lt;em&gt;Ils se regardent comme &#xe9;puis&#xe9;s par ce d&#xe9;bit, par la confiance qu’ils ont per&#xe7;u dans les paroles de l’autre.&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #808080;&quot;&gt;&lt;em&gt;Chacun est &#xe9;tonn&#xe9; de ce qu’il a os&#xe9; dire dans ce climat de confiance pure.&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #ff00ff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Elle&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L’heure est d&#xe9;j&#xe0; pass&#xe9;e pour mon travail, je dois partir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Lui&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Va, maintenant que je sais combien tu aimes ce que tu fais. Je suis admiratif de ta r&#xe9;ussite professionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #ff00ff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Elle&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tu es gentil. Embrasse-moi vraiment maintenant, j’en ai envie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #808080;&quot;&gt;&lt;em&gt;Les l&#xe8;vres dansent des joues aux l&#xe8;vres de l’autre. Les pointes de langue v&#xe9;rifient si la bouche de l’autre a un go&#xfb;t de dessert.&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #808080;&quot;&gt;&lt;em&gt;&#xc9;mile tourne la t&#xea;te.&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Lui&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#xc0; demain…&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non, demain matin, je ne pourrai pas &#xea;tre l&#xe0;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Lui&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle tristesse&amp;nbsp;! Alors garde moi du temps pour aller au restaurant le soir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #ff00ff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Elle&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Belle id&#xe9;e, cela me fera plaisir, je te laisse choisir, o&#xf9; tu veux, comme tu veux. Demain, nous d&#xe9;buterons par une journ&#xe9;e lentilles pour finir par une journ&#xe9;e caviar&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Lui&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu’est-ce que tu dis&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #ff00ff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Elle&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;Ne te prends pas la t&#xea;te, c’est ma mani&#xe8;re de parler. Mais tu l’as d&#xe9;j&#xe0; compris, je suis un peu folle&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Lui&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un peu&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #ff00ff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Elle&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Va savoir&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Lui&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un &#xe9;clat de rire ricoche encore entre les murs du bistrot quand elle a d&#xe9;j&#xe0; pass&#xe9; la porte. – &#xc9;mile&amp;nbsp;! Un autre th&#xe9; s’il vous plait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#xc9;mile&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle est tr&#xe8;s jolie…&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #008000;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Jeudi matin&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Lui&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il entre dans le bistrot, il sourit &#xe0; &#xc9;mile qui lui fait un signe pour le caf&#xe9;. Un sourire plein de brouillard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#xc9;mile&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S’approche et pose la grande tasse de caf&#xe9; et le verre d’eau fra&#xee;che. Il se penche vers lui et demande &#xe0; voix basse&amp;nbsp;: - Elle ne vient pas aujourd’hui&amp;nbsp;? Vous semblez triste d’&#xea;tre seul… Voulez-vous un journal&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Lui&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Merci &#xc9;mile, oui, donnez-moi un journal, mais rien qu’avec des bonnes nouvelles&amp;nbsp;! Je vais rester un moment pour &#xe9;crire dans mon calepin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#xc9;mile&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tant que vous voulez&amp;nbsp;! D’ailleurs, il n’y a pas beaucoup de passage ce matin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Lui&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il feuillette rapidement le journal en haussant les &#xe9;paules. Il n’arrive pas &#xe0; se d&#xe9;terminer entre les b&#xea;tises de gauche et les stupidit&#xe9;s de droite. Il repose le journal, gribouille un peu sur le calepin, puis les mots viennent, ind&#xe9;pendants de son esprit, se posent d’autorit&#xe9; sur le papier et guident sa plume. Les rimes dansent en musique&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #808080;&quot;&gt;&lt;em&gt;Toi ma douce,&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #808080;&quot;&gt;&lt;em&gt;Quand dans mes bras tu viens&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #808080;&quot;&gt;&lt;em&gt;L&#xe0; contre moi blottie&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #808080;&quot;&gt;&lt;em&gt;Toi la douce et tendre&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #808080;&quot;&gt;&lt;em&gt;Il ne me manque rien&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #808080;&quot;&gt;&lt;em&gt;Car le chemin du paradis&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #808080;&quot;&gt;&lt;em&gt;Est la seule route &#xe0; prendre.&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Lui&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il jette un coup d’œil &#xe0; la pendule murale. Il est &#xe9;tonn&#xe9; que le temps ait pass&#xe9; si vite. Il finit une derni&#xe8;re goutte du deuxi&#xe8;me caf&#xe9; servi par &#xc9;mile. Il se l&#xe8;ve, la monnaie &#xe0; la main, la pose sur le comptoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Lui&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Salut &#xc9;mile, &#xe0; bient&#xf4;t. La r&#xe9;ponse d’&#xc9;mile l’accompagne quand il passe la porte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #808080;&quot;&gt;Dans la petite rue o&#xf9; l’herbe pousse encore entre les pav&#xe9;s, il l&#xe8;ve les yeux au ciel vers un ciel gris. Seul un bout de ciel bleu apparait dans la grisaille. – Tiens, moi aussi j’ai un bout de ciel bleu dans ma t&#xea;te, ce sera ce soir…&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #008000;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Jeudi soir&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Lui&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au moment o&#xf9; le jour s’apaise, il est assis sur le tabouret du bistrot et discute avec &#xc9;mile. Comme ils ne discutent que de banalit&#xe9;s, il s’&#xe9;tonne du grand sourire de son interlocuteur. Sans avoir le temps de l’interpr&#xe9;ter, il sent une pression sur ses &#xe9;paules et des l&#xe8;vres qui se posent sur son cou. Il est vex&#xe9;, peut-&#xea;tre m&#xea;me honteux de ne pas l’avoir sentie arriv&#xe9;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #ff00ff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Elle&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bonjour bel homme&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Lui&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bonjour jolie dame. Oh, attend, recule toi&amp;nbsp;! C’est pour moi que tu t’es faite si belle&amp;nbsp;? Quelle chance j’ai&amp;nbsp;! Tu es magnifique&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #808080;&quot;&gt;&lt;em&gt;&#xc9;mile s’est &#xe9;loign&#xe9; de son bar en souriant.&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #ff00ff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Elle&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle se recule d’un pas et se laisse admirer en riant. Pantalon de velours noir avec un bol&#xe9;ro qui cache &#xe0; peine un chemisier dont le haut transparent permet de deviner des tr&#xe9;sors &#xe0; d&#xe9;couvrir. Se tournant vers lui, elle l’apostrophe&amp;nbsp;: - Vous &#xea;tes aussi tr&#xe8;s &#xe9;l&#xe9;gant cher monsieur&amp;nbsp;! Un vrai gentleman. Vous avez belle allure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Lui&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis-je ch&#xe8;re madame sur un coin de votre joue, d&#xe9;poser un baiser en hommage &#xe0; votre beaut&#xe9;&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#xfb;r il avance sa bouche vers la joue qui se d&#xe9;robe pour laisser place &#xe0; des l&#xe8;vres &#xe0; peine entrouvertes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Instinctivement le baiser se fait plus passionn&#xe9; dans la solitude du bistrot, &#xc9;mile s’&#xe9;tant trouv&#xe9; une occupation sans doute importante dans sa cuisine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #ff00ff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Elle&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle respire un peu, son visage et ses yeux laissent discerner une &#xe9;trange brillance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Monsieur m’a-t-il invit&#xe9;e pour seulement m’embrasser ou pour m’emmener au restaurant&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Lui&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Allez savoir ch&#xe8;re Madame, mais l’un n’est pas exclusif de l’autre&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #808080;&quot;&gt;&lt;em&gt;C’est main dans la main qu’ils passent la porte avec un sonore&amp;nbsp;:&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #808080;&quot;&gt;&lt;em&gt;- &#xc0; bient&#xf4;t &#xc9;mile&amp;nbsp;!&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #808080;&quot;&gt;&lt;em&gt;Ce dernier apparait &#xe0; la porte de sa cuisine et se contente d’un signe amical de la main. Dans la rue, ils marchent en se tenant la main, les doigts se croisent, se d&#xe9;croisent, se cherchent, se perdent, se retrouvent dans le d&#xe9;dale du bonheur d’un menuet. Puis, au passage d’un trottoir, la main cherche la taille, la trouve, s’y appuie, enserre. Dans un passage plus &#xe9;troit, au croisement d’autres pi&#xe9;tons, la main glisse dans le dos, se pose sur l’&#xe9;paule, effleure la nuque, joue un instant avec les m&#xe8;ches en &#xe9;coutant les vibrations &#xe9;mises par ce contact. Cette main assure sa pr&#xe9;sence en profitant d’un instant de bavardage lorsqu’ils arrivent devant l’entr&#xe9;e du restaurant. Porte vitr&#xe9;e moderne sur un encadrement de pierres anciennes.&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Lui&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J’ai choisi ce restaurant parce qu’il est beau. Je voulais pour ce premier repas que nous partageons, une sorte d’&#xe9;crin pour prot&#xe9;ger ce moment de grande valeur. J’esp&#xe8;re qu’il sera bon car j’ai relev&#xe9; son nom dans la liste des rendez-vous gastronomiques de notre ville&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #ff00ff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Elle&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Souriante, les yeux lev&#xe9;s vers le sourire qui la regarde&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour cela je prends votre invitation pour un cadeau, je ne doute pas de la qualit&#xe9; du cadeau, et j’appr&#xe9;cie son emballage, son &#xe9;crin&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #808080;&quot;&gt;&lt;em&gt;Accueil cordial du personnel belle table ronde, isol&#xe9;e, deux assiettes blanches, face &#xe0; face, et avant qu’ils ne soient assis, les assiettes sont c&#xf4;te &#xe0; c&#xf4;te, par des gestes naturels, &#xe0; peine marqu&#xe9;s. La main de l’un passe dans la main de l’autre, la presse l&#xe9;g&#xe8;rement au fil des mots du bavardage&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Lui&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis-je lever mon verre &#xe0; notre rencontre, &#xe0; ma chance d’avoir votre pr&#xe9;sence, votre &#xe9;l&#xe9;gance &#xe0; mes c&#xf4;t&#xe9;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #ff00ff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Elle&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moi aussi, je suis heureuse d’&#xea;tre l&#xe0;, vous &#xea;tes un homme rassurant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Lui&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rassurant&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #ff00ff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Elle.&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui. Votre allure, vos &#xe9;paules semblent solides, pas seulement au sens physique. J’aime la douceur de votre voix, le calme avec lequel vous parlez.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Lui&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, que me dites-vous&amp;nbsp;! Vous &#xea;tes en train de me s&#xe9;duire avec les jolis mots que vous me dites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #ff00ff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Elle&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En riant&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Seulement avec les mots&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Lui&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous &#xea;tes superbe quand vous riez&amp;nbsp;! Non, ce n’est pas seulement avec les mots que je vous trouve s&#xe9;duisante, j’aime bien regarder votre visage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #ff00ff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Elle&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon visage&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Lui&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui. Il est harmonieux, sa forme, sa luminosit&#xe9;. J’aime bien regarder votre visage et m&#xea;me un peu en dessous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #ff00ff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Elle&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Coquin&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #808080;&quot;&gt;&lt;em&gt;Le repas se poursuit sous l’œil amus&#xe9; du serveur qui constate que l’espace entre les deux chaises s’est encore r&#xe9;duit.&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #808080;&quot;&gt;&lt;em&gt;Fin de repas, note r&#xe9;gl&#xe9;e avec discr&#xe9;tion. Veste tendue pos&#xe9;e sur les &#xe9;paules, effleurement. Ils se retrouvent dans la fra&#xee;cheur de la petite rue.&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #ff00ff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Elle&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ses mains enserrent les mains de l’homme. Son regard devient sourire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Merci pour ce repas, pour ce moment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Lui&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moi aussi je vous remercie pour ce moment partag&#xe9;, j’ai beaucoup de plaisir &#xe0; &#xea;tre avec vous, de vous regarder, de vous &#xe9;couter. Voulez-vous une promenade au hasard des rues&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #ff00ff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Elle&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi pas, mais ma journ&#xe9;e a &#xe9;t&#xe9; un peu charg&#xe9;e et je suis fatigu&#xe9;e ce soir. Puis-je vous offrir un verre pour vous remercier de ce d&#xe9;licieux repas&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Lui&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Volontiers, c’est gentil, o&#xf9; voulez-vous aller&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #ff00ff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Elle&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi pas chez moi, ce n’est pas tr&#xe8;s loin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Lui&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je serai ravi de d&#xe9;couvrir l&#xe0; o&#xf9; vous vivez. Ce doit-&#xea;tre un endroit bien d&#xe9;cor&#xe9;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #ff00ff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Elle&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#xc0; votre avis, quelle est la couleur dominante&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Lui&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oh, La question est difficile&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #ff00ff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Elle&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Laissez aller votre intuition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Lui&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, je le vois beige, cr&#xe8;me, rehauss&#xe9; de tons rouges, non plut&#xf4;t bordeaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi souriez-vous&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #ff00ff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Elle&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous verrez…&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #808080;&quot;&gt;&lt;em&gt;Elle sourit encore en ouvrant la porti&#xe8;re de sa voiture. Elle sourit toujours, un moment plus tard quand elle pousse la porte de l’appartement.&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #808080;&quot;&gt;&lt;em&gt;Il entre &#xe0; sa suite, son regard survole la pi&#xe8;ce de s&#xe9;jour. Le canap&#xe9; et les fauteuils sont beiges, presque jaunes, &#xe0; la grande baie vitr&#xe9;e, des voilages cr&#xe8;me et grenat pendent avec &#xe9;l&#xe9;gance.&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Lui&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J’ai gagn&#xe9;&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #ff00ff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Elle&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n’&#xe9;tait pas trop mal&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #808080;&quot;&gt;&lt;em&gt;Ils s’installent sur le canap&#xe9;, oubliant qu’ils &#xe9;taient venus l&#xe0; pour prendre un verre. Une t&#xea;te se pose au creux d’une &#xe9;paule, les baisers deviennent plus &#xe9;labor&#xe9;s. Les doigts d&#xe9;couvrent d’autres courbes, d’autres territoires. Une main effleure une nuque sur laquelle se d&#xe9;pose un baiser l&#xe0; o&#xf9; les cheveux laissent place &#xe0; la peau douce.&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #ff00ff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Elle&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, l&#xe0;, c’est agr&#xe9;able, j’aime…&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Lui&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il sait maintenant qu’il ne rentrera chez lui que tr&#xe8;s tard, demain sans doute.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;right&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #808080;&quot;&gt;&lt;em&gt;&#xa9; Pierre Delphin – avril 2012 –&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Thu, 26 Apr 2012 17:47:05 GMT</pubDate></item><item><title>J&apos;aime le froid</title><dc:creator>PierreDelphin</dc:creator><link>http://www.epistole.fr/archives/2012/04/11/23984568.html</link><category>Divers</category><comments>http://www.epistole.fr/archives/2012/04/11/23984568.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://www.epistole.fr/feeds/rss/comments/post/23984568/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://www.epistole.fr/archives/2012/04/11/23984568.html</guid><description>&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J’aime le froid qui givre tes cils. J’aime le froid qui pose ses diamants de glace sur la m&#xe8;che qui glisse de ton bonnet. J’aime le froid qui rosit les pommes d’amour de tes joues. J’aime le froid qui sublime l’&#xe9;clat de tes yeux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J’aime le froid quand tu tends la mitaine qui prot&#xe8;ge ta main. J’aime le froid quand ta main se glisse dans ma poche. J’aime le froid quand tes l&#xe8;vres cherchent les miennes pour partager un effluve de chaleur le temps d’un&amp;nbsp;: Je t’aime. J’aime le froid quand ta main presse ma nuque pour m’offrir le velours de ta joue. J’aime le froid.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je n’aime pas le froid qui glace mon squelette quand un que j’aime s’&#xe9;loigne. Quand un que j’estime, refuse de comprendre. Je n’aime pas le froid qui s’installe entre les &#xea;tres par manque du courage du discernement, par manque d’amour. Cet amour qui reste de tout temps la meilleure parade contre la froidure des cœurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais j’aime le froid quand nous laissons glisser nos corps sur la neige. J’aime le froid quand cette poudre blanche nous envahit, nous submerge. Quand elle allume nos rires en &#xe9;clats jusqu’&#xe0; faire vibrer les stalactites de glace qui ornent la lisi&#xe8;re de notre toit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J’aime le froid lorsqu’avec toi je viens &#xe0; l’abri de ce toit. J’aime le froid que nous laissons derri&#xe8;re le carreau. J’aime le froid quand j’allume la chemin&#xe9;e, quand les premi&#xe8;res flammes brillent dans tes yeux et font p&#xe9;tiller tes pupilles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J’aime le froid quand sur le tapis du salon les v&#xea;tements trop chauds volent vers le plafond. J’aime le froid quand dans la chaleur de notre maison ma main se pose sur ta peau. Quand mes doigts glissent en caresse douce, quand ta main vient &#xe0; la rencontre de la mienne. Quand ces mains prennent, donnent, &#xe9;changent du bonheur simple conjugu&#xe9; au pr&#xe9;sent. Quand elles parlent de la certitude d’aimer et d’&#xea;tre aim&#xe9;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J’aime le froid quand il reste loin de moi et que je suis avec toi dans notre chaleur de tendresse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;right&quot;&gt;&lt;em&gt;&#xa9; Pierre Delphin – avril 2012 &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Wed, 11 Apr 2012 08:54:25 GMT</pubDate></item><item><title>Nos amies les b&#xea;tes</title><dc:creator>PierreDelphin</dc:creator><link>http://www.epistole.fr/archives/2012/03/27/23864204.html</link><category>Divers</category><comments>http://www.epistole.fr/archives/2012/03/27/23864204.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://www.epistole.fr/feeds/rss/comments/post/23864204/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://www.epistole.fr/archives/2012/03/27/23864204.html</guid><description>&lt;p align=&quot;center&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#xab;Myope comme une taupe&#xbb;, &#xab;rus&#xe9; comme un renard&#xbb; &#xab;serr&#xe9;s comme des sardines&#xbb;... les termes emprunt&#xe9;s au monde animal ne se retrouvent pas seulement dans les fables de La Fontaine, ils sont partout. La preuve : que vous soyez fier comme un coq, fort comme un bœuf, t&#xea;tu comme un &#xe2;ne, malin comme un singe ou simplement un chaud lapin, vous &#xea;tes tous, un jour ou l&apos;autre, devenu ch&#xe8;vre pour une caille aux yeux de biche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous arrivez &#xe0; votre premier rendez-vous fier comme un paon et frais comme un gardon et l&#xe0;, ... pas un chat&amp;nbsp;! Vous faites le pied de grue, vous demandant si cette b&#xe9;casse vous a r&#xe9;ellement pos&#xe9; un lapin. Il y a anguille sous roche et pourtant le bouc &#xe9;missaire qui vous a obtenu ce rancard, la t&#xea;te de linotte avec qui vous &#xea;tes copain comme cochon, vous l&apos;a certifi&#xe9;&amp;nbsp;: cette poule a du chien, une vraie panth&#xe8;re&amp;nbsp;! C&apos;est s&#xfb;r, vous serez un crapaud mort d&apos;amour. Mais tout de m&#xea;me, elle vous traite comme un chien. Vous &#xea;tes pr&#xea;t &#xe0; gueuler comme un putois quand finalement la fine mouche arrive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bon, vous vous dites que dix minutes de retard, il n&apos;y a pas de quoi casser trois pattes &#xe0; un canard. Sauf que la fameuse souris, malgr&#xe9; son cou de cygne et sa crini&#xe8;re de lion est en fait aussi plate qu&apos;une limande, myope comme une taupe, elle souffle comme un phoque et rit comme une baleine. Une vraie peau de vache, quoi&amp;nbsp;! Et vous, vous &#xea;tes fait comme un rat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous roulez des yeux de merlan frit, vous &#xea;tes rouge comme une &#xe9;crevisse, mais vous restez muet comme une carpe. Elle essaie bien de vous tirer les vers du nez, mais vous sautez du coq &#xe0; l&apos;&#xe2;ne et finissez par noyer le poisson. Vous avez le cafard, l&apos;envie vous prend de pleurer comme un veau (ou de verser des larmes de crocodile, c&apos;est selon). Vous finissez par prendre le taureau par les cornes et vous inventer une fi&#xe8;vre de cheval qui vous permet de filer comme un li&#xe8;vre. Ce n’est pas que vous &#xea;tes une poule mouill&#xe9;e, vous ne voulez pas &#xea;tre le dindon de la farce. Vous avez beau &#xea;tre doux comme un agneau sous vos airs d&apos;ours mal l&#xe9;ch&#xe9;, il ne faut pas vous prendre pour un pigeon car vous pourriez devenir le loup dans la bergerie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis, &#xe7;a aurait servi &#xe0; quoi de se regarder comme des chiens de fa&#xef;ence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#xe8;s tout, revenons &#xe0; nos moutons&amp;nbsp;: vous avez maintenant une faim de loup, l&apos;envie de dormir comme un loir et surtout vous avez d&apos;autres chats &#xe0; fouetter...&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;right&quot;&gt;&lt;em&gt;Avec l’amiti&#xe9; et la complicit&#xe9; d’une amie qui n’est pas b&#xea;te du tout,&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;right&quot;&gt;&lt;em&gt;quoiqu’elle ressemble &#xe0; une m&#xe9;sange dans son bel habit de plume…&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;right&quot;&gt;&lt;em&gt;Pierre Delphin – octobre 2011 &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Tue, 27 Mar 2012 05:22:41 GMT</pubDate></item><item><title>Non rencontre</title><dc:creator>PierreDelphin</dc:creator><link>http://www.epistole.fr/archives/2012/03/23/23833427.html</link><category>Contes</category><comments>http://www.epistole.fr/archives/2012/03/23/23833427.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://www.epistole.fr/feeds/rss/comments/post/23833427/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://www.epistole.fr/archives/2012/03/23/23833427.html</guid><description>&lt;p align=&quot;center&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lumi&#xe8;re est douce ce matin sur l’all&#xe9;e de la gare. Un rai de lumi&#xe8;re se faufile entre deux nuages gris pour venir se poser sur les feuilles des platanes. Le vert du feuillage s’est dissip&#xe9; dans les brumes de l’automne pour faire place &#xe0; une furtive couleur de bronze dor&#xe9; qui brille ce matin comme un adieu au bel &#xe9;t&#xe9;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Antoine aime ce moment du jour o&#xf9; la vie se renouvelle. Sa respiration est forte comme pour mettre en r&#xe9;serve cet oxyg&#xe8;ne frais du matin. Il est heureux. Heureux de partir &#xe0; la ville retrouver son groupe d’amis pour une balade citadine. Tous les mois, ils organisent une balade citadine pour le plaisir de la visite et le plaisir de se retrouver. Il ne marche pas tr&#xe8;s vite, il est en avance pour le train de huit heures 42. Il regarde. Ses yeux sont contemplatifs pour appr&#xe9;cier l’ensemble du d&#xe9;cor. Ils se font plus inquisiteurs pour s’arr&#xea;ter sur un d&#xe9;tail, sur une forme. Il ralentit, un pas puis deux pour appr&#xe9;cier ce rai de lumi&#xe8;re dans le brun du feuillage. Un instant sa marche est suspendue et son regard se pose comme devant une toile c&#xe9;l&#xe8;bre dans un mus&#xe9;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Antoine ne remarque m&#xea;me pas cette femme qui vient de le d&#xe9;passer. C’est en suivant d’un œil &#xe9;mu le mouvement d’une feuille qui vient finir sa vie dans le caniveau sec d’un trottoir gris qu’il l’aper&#xe7;oit. Il est frapp&#xe9; par la finesse de ses jambes et par son pas press&#xe9;. Il hausse les &#xe9;paules. Elle prend sans doute le m&#xea;me train que moi, nous avons le temps. Elle continue d’aller vite vers la salle d’attente. Il la regarde s’&#xe9;loigner. Antoine aime regarder les gens. Il aime les silhouettes f&#xe9;minines. Elle est &#xe9;l&#xe9;gante avec sa veste qui lui pince la talle. Ses talons haut perch&#xe9;s claquent sur le bitume comme le bruit d’un oiseau qui aurait la fortune de trouver quelques graines. Antoine &#xe9;coute son pas et la regarde dispara&#xee;tre par la porte de la petite gare.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beaucoup de personnes sont en attente dans cet espace restreint. Antoine laisse filer la porte derri&#xe8;re lui. Ses lunettes s’embrument dans cette chaleur humide de l’espace d’attente. Son regard&#xe9; balaye le volume de la pi&#xe8;ce &#xe0; la recherche d’un visage ami. Personne dans cette foule. Il se sent seul dans cette multitude. Un coin de banc, &#xe9;troit, est encore disponible. Il s’approche. Il reconna&#xee;t la femme vue dans l’all&#xe9;e. Sur son visage de femme m&#xfb;re, des marques ind&#xe9;l&#xe9;biles d’une jeunesse qui ne s’estompera jamais. Antoine la trouve belle avec son regard clair qui se perd dans la banalit&#xe9; du lieu. Il se penche avec un – Vous permettez&amp;nbsp;? Il s’assied sur le banc rude, &#xe9;troit. Elle lui a souri en signe d’acquiescement. Elle fait un mouvement courtois d la hanche pour lui &#xe9;largir la place. Son livre s’&#xe9;chappe, tombe &#xe0; terre. – Oh pardon – Dit-il. Il se penche pour le ramasser. Elle a le m&#xea;me mouvement. Il sent le contact brusque de son front. Ils se cognent vraiment dans ce mouvement simultan&#xe9;, non, seulement ils s’effleurent dans ce contact impromptu. En chœur ils disent&amp;nbsp;: - Excusez-moi. Ils &#xe9;clatent de rire. Deux rires p&#xe9;tillants au milieu de cette foule triste, indiff&#xe9;rente. Il ramasse le livre, le lui tend.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Oh, vous lisez Donna Leon, vous aimez Venise&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Oui, sans plus, la ville est jolie, mais je n’aime pas l’humidit&#xe9;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Antoine cherche les mots pour poursuivre la conversation, mais il voit que le regard de la femme s’est &#xe9;chapp&#xe9;. Promptement elle a rang&#xe9; le livre dans son sac, son visage s’est crisp&#xe9;. Il la regarde du coin de l’œil, il a peur d’&#xea;tre trop insistant, impoli. Il sent une tristesse dans ce beau regard, une tension dans ce corps &#xe9;l&#xe9;gant. Qui est-elle&amp;nbsp;? Se demande-t-il. C’est la premi&#xe8;re fois que je la vois ici. O&#xf9; est sa souffrance&amp;nbsp;? A-t-elle une souffrance&amp;nbsp;? Pourquoi a-t-il un regard sur elle en particulier&amp;nbsp;? Seulement parce qu’elle est belle&amp;nbsp;? Seulement parce qu’elle est &#xe9;l&#xe9;gante&amp;nbsp;? Il la per&#xe7;oit sensible, il aimerait conna&#xee;tre cette sensibilit&#xe9;, la rencontrer, la partager. Pourquoi elle&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le train arrive, il la regarde partir le long du quai vers une autre voiture. Antoine monte dans le wagon suivant, s’assoit sur une place libre. Pendant une partie du voyage, le visage de cette femme envahit son esprit, puis il pense &#xe0; ses amis, &#xe0; la balade du jour. Il aime rencontrer, rencontrer de nouvelles personnes, de nouveaux regards, de nouvelles perceptions. Cette femme, cette rencontre lui &#xe9;chappe, il se sent frustr&#xe9;. Il regarde un instant sa voisine. Elle est absorb&#xe9;e dans la lecture de son roman Harlequin, s&#xe9;rie azur. Elle est belle elle aussi, mais il ne ressent pas l’envie de la rencontrer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le train s’arr&#xea;te. Ses amis sont l&#xe0; sur le quai, ils rient. Antoine leur fait un signe, la journ&#xe9;e sera belle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;right&quot;&gt;&lt;em&gt;&#xa9; Pierre Delphin – novembre 2010 &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Fri, 23 Mar 2012 07:01:26 GMT</pubDate></item><item><title>J’aime le soleil</title><dc:creator>PierreDelphin</dc:creator><link>http://www.epistole.fr/archives/2012/03/14/23755440.html</link><category>Personnel</category><comments>http://www.epistole.fr/archives/2012/03/14/23755440.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://www.epistole.fr/feeds/rss/comments/post/23755440/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://www.epistole.fr/archives/2012/03/14/23755440.html</guid><description>&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J’aime le soleil quand ses rayons tricotent les boucles blondes de tes cheveux. J’aime le soleil quand il pose des &#xe9;toiles de lumi&#xe8;re sur le velours de ton &#xe9;paule. J’aime le soleil qui colore ton teint pain d’&#xe9;pice. J’aime le soleil qui chauffe ta nuque et la perle de ros&#xe9;e. J’aime le soleil qui te rend belle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J’aime le soleil qui illumine notre chemin. Ce chemin o&#xf9; des amis nous accompagnent. Ce chemin o&#xf9; des amis se sont arr&#xea;t&#xe9;s sur le banc confortable, le temps de laisser le temps, le temps de r&#xe9;fl&#xe9;chir et d’oublier. Ce chemin o&#xf9; des amis ont fait demi-tour pour mieux rester &#xe0; l’ombre. J’aime le soleil qui fait &#xe9;clater les rires et celui qui fait grincer les dents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J’aime le soleil que ta main pose dans la mienne. Je sens sa chaleur quand tes doigts croch&#xe8;tent les miens. Ce soleil qui nous entraine sur le fil de ses rayons dans la roue de notre vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J’aime le soleil qui mouille mon dos quand je marche vers toi. J’aime le soleil qui s&#xe8;che nos peurs quand nous r&#xea;vons &#xe0; deux. J’aime le soleil qui brille dans mes nuits de tendresse, ivresse d’un partage. J’aime le soleil qui donne sans demander, qui conquiert sans asservir, qui domine sans &#xe9;craser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J’aime le soleil qui nous fait chanter. Chanter ces m&#xe9;lodies banales qui courent aux coins des rues. Trois petites notes de musique qui plient boutique au creux du souvenir. Trois petites notes qui nous enchantent, qui dansent et ne veulent pas mourir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J’aime le soleil qui nous donne la vie. J’aime le soleil qui fait de l’ombre &#xe0; la mort que j’ai c&#xf4;toy&#xe9;e si souvent. J’aime le soleil qui fait oublier que je lui ai fait la cour dans les coins sombres de la vie. J’aime le soleil qui efface ces rencontres improbables qui me tendaient la main.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J’aime le soleil qui fait esp&#xe9;rer que demain sera jour de lumi&#xe8;re. J’aime le soleil de mes certitudes, de nos attentes, de nos espoirs. J’aime le soleil parce qu’il est toi, parce qu’il est moi, parce qu’il est nous, ensemble sur notre chemin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;right&quot;&gt;&lt;em&gt;&#xa9; Pierre Delphin – 14 mars 2012 &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Wed, 14 Mar 2012 06:45:38 GMT</pubDate></item><item><title>J’aime la pluie</title><dc:creator>PierreDelphin</dc:creator><link>http://www.epistole.fr/archives/2012/03/07/23700247.html</link><category>Po&#xe9;sie</category><comments>http://www.epistole.fr/archives/2012/03/07/23700247.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://www.epistole.fr/feeds/rss/comments/post/23700247/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://www.epistole.fr/archives/2012/03/07/23700247.html</guid><description>&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J’aime la pluie qui fait briller les rues, qui fait des floc-floc pour rythmer tes pas. J’aime la pluie qui glisse sur la peau lisse de ton imper. J’aime la pluie qui goutte en dentelle sur le bord de ton chapeau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J’aime la pluie qui fait briller tes yeux, qui met de la joie dans ton regard. J’aime la pluie qui humecte le bord de tes l&#xe8;vres quand tu murmures&amp;nbsp;: Je t’aime. J’aime la pluie quand j’arrive et que me tend la main.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette pluie que les autres d&#xe9;testent, cette pluie qui les importune. Cette pluie qui contrarie leurs projets, cette pluie qu’ils avaient mal anticip&#xe9;e. Cette pluie dont ils n’avaient pas su lire dans le ciel les signes pr&#xe9;curseurs. Ils n’avaient pas vu venir les nuages quand l’orage est arriv&#xe9;. Ils accusent le ciel pour ne pas voir leur propre c&#xe9;cit&#xe9;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils accusent le ciel pour les gouttes froides qui ruissellent dans leur cou, qui mouille leur dos vo&#xfb;t&#xe9;. Ils deviennent le juge supr&#xea;me qui &#xe9;tait l’objet de leurs critiques v&#xe9;h&#xe9;mentes il y a deux jours. Ah, qu’il est bon de juger quand on ne sait pas. Ah, comme on se sent fort quand on n’a m&#xea;me pas la peine d’entendre l’accus&#xe9;. Le ciel qui lave son honneur dans le bonheur, ne parle pas, il n’a pas la peine de se d&#xe9;fendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais toi tu marches sous la pluie en riant. J’aime la pluie quand ta main mouill&#xe9;e s’accroche &#xe0; la mienne. J’aime la pluie quand tu sautes dans les flaques comme une enfant. J’aime la pluie qui tache le bas de mon pantalon et le met en accord&#xe9;on pour mieux danser sous la pluie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J’aime la pluie qui cr&#xe9;e les torrents, qui gonfle les rivi&#xe8;res et qui nous entra&#xee;ne, nous petits f&#xe9;tus de paille entrelac&#xe9;s, vers un oc&#xe9;an de tendresse. J’aime la pluie de tes baisers lorsqu’ils assaillent mes joues, mes l&#xe8;vres et qu’ils inondent mon cœur de bonheur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;right&quot;&gt;&lt;em&gt;&#xa9; Pierre Delphin – mars 2012&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Wed, 07 Mar 2012 18:15:23 GMT</pubDate></item><item><title>Mille &#xe9;mois</title><dc:creator>PierreDelphin</dc:creator><link>http://www.epistole.fr/archives/2012/03/04/23670397.html</link><category>Po&#xe9;sie</category><comments>http://www.epistole.fr/archives/2012/03/04/23670397.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://www.epistole.fr/feeds/rss/comments/post/23670397/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://www.epistole.fr/archives/2012/03/04/23670397.html</guid><description>&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce soir quand la lune renait&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je goutte au bonheur d’aimer&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur l’&#xe9;cran plat, pr&#xe9;cieux relais&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les mots de fin de journ&#xe9;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a suffi qu’un doux message&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui vienne de toi&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour que mon cœur sage&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vive mille &#xe9;mois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;center&quot;&gt;&lt;em&gt;&#xa9; Pierre Delphin – novembre 2011&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Sun, 04 Mar 2012 08:36:00 GMT</pubDate></item><item><title>J’aime le vent</title><dc:creator>PierreDelphin</dc:creator><link>http://www.epistole.fr/archives/2012/02/28/23636372.html</link><category>Personnel</category><comments>http://www.epistole.fr/archives/2012/02/28/23636372.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://www.epistole.fr/feeds/rss/comments/post/23636372/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://www.epistole.fr/archives/2012/02/28/23636372.html</guid><description>&lt;p align=&quot;center&quot;&gt;&lt;strong&gt;&amp;nbsp;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J’aime le vent, ce vent qui voile tes cheveux qui fait danser les m&#xe8;ches. J’aime le vent qui rafraichit ta bouche, qui l’ouvre en sourire. J’aime le vent qui courbe tes cils et fait rire tes yeux. J’aime le vent qui porte tes pas sur un nuage de bonheur. J’aime le vent qui guide ta main dans mes cheveux pour de savantes &#xe9;bouriffades.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce vent fripon qui fait voler ton jupon comme le dit la chanson. Ce vent qui nous porte &#xe0; vivre, &#xe0; r&#xea;ver pour de vrai, &#xe0; percevoir un futur qui commence tout de suite. Ce vent qui nous guide sans contrainte, qui nous suit ou nous pr&#xe9;c&#xe8;de, qui nous accompagne sur notre chemin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce vent, c’est la vie dans le bonheur de l’amour, c’est &#xea;tre sans paraitre, c’est avoir sans richesse. C’est vivre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce vent qui apaise, n&#xe9;glige les conflits, sans accepter les compromis, mais qui porte vers l’avant, vers la sauvegarde qui nous garde la vie sauve. Ce vent qui garde la vie comme une chandelle sans jamais en faire osciller la flamme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce vent, c’est ta main dans la mienne quand nous marchons, quand nous dansons d’un m&#xea;me pas dans l’&#xe9;l&#xe9;gance d’un geste, d’une attitude.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce vent, c’est celui qui t’a port&#xe9;e jusqu’&#xe0; moi, qui m’a conduit vers toi. Et c’est gr&#xe2;ce &#xe0; toi, c’est pour toi que j’aime le vent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;right&quot;&gt;&lt;em&gt;&#xa9; Pierre Delphin – f&#xe9;vrier 2012&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Tue, 28 Feb 2012 20:25:00 GMT</pubDate></item><item><title>Le poids des larmes</title><dc:creator>PierreDelphin</dc:creator><link>http://www.epistole.fr/archives/2012/02/28/23630798.html</link><category>C&#xe9;r&#xe9;bralisations</category><comments>http://www.epistole.fr/archives/2012/02/28/23630798.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://www.epistole.fr/feeds/rss/comments/post/23630798/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://www.epistole.fr/archives/2012/02/28/23630798.html</guid><description>&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand on pleure, c’est le suppl&#xe9;ment d’&#xe2;me qui coule des paupi&#xe8;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;right&quot;&gt;&lt;em&gt;&#xa9; Pierre Delphin – ao&#xfb;t 2011&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Tue, 28 Feb 2012 06:06:39 GMT</pubDate></item></channel></rss>
